Albert Mérat
Poèmes de Albert Mérat (163)
Classés par titre (A–Z).
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A la nuitDerrière les brouillards blancs comme une fumée, La lune, œil endormi qui se souvient du jour, Me sourit, et sa flamme embellit le contour Du bois où sourdement court la sève embaumée. Ô nuit ! forêt…
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A la rameLes cieux ont la clarté solide du cristal. Pas d'air. Sous les rocs nus dont la côte est bardée La mer dort aujourd'hui, brûlante et débordée Ainsi qu'une coulée épaisse de métal. On n'entend que le…
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À m'avouer pour son amantA m'avouer pour son amant Il faudra bien qu'on s'habitue. — Du marbre pur, rose et charmant. J'ai fait jaillir une statue. J'ai taillé le bloc de façon Que ma main s'y puisse connaître ; Et l'on doit…
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Au cabaretLes reîtres à panache et les mauvais garçons, Dont le rire tintait aux vitres des auberges, Aimaient le vin nouveau pour tremper leurs flamberges. Ils avaient bonne mine et hautaines façons. Sur les…
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Au printempsAlerte et déliant la langue des pinsons, Quand viendra, couronné des floraisons nouvelles, Avril, qui fait vibrer les âmes et les ailes, Avril, le doux poète et faiseur de chansons ; Quand…
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Ce n'est pas moi qui dois pleurerEt ce n'est pas moi qu'il faut plaindre : Je puis encore t'adorer ; L'oubli ne saurait pas m'atteindre. C'est toi, bientôt, qui t'en iras, Ne sachant plus comment on aime, Jeter, hélas ! en d'autres…
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Ce qui m'arrive est affreuxElle est morte, je l'enterre. L'adieu fut très douloureux ; Mais je commence à me taire. J'ai, comme on jette des fleurs Sur les blancs cercueils des mortes, Versé sur elle des pleurs Et des fleurs…
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C'est la terre sans fleursC'est la terre sans fleurs de pourpre et sans décor, Le champ dur qui nourrit les bras et leur résiste. Septembre dans le ciel a mis sa pâleur triste, Et le soir au couchant se lit en un trait d'or.…
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C'était le bruit de sa bottineA travers ce que je rêvais, Ou sa tête penchée et fine Près de mon front, quand j'écrivais. Elle fit ce manège d'ange Deux beaux étés et deux hivers. Je disais : « Cela me dérange, « Et je ne ferai…
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Chemin de halageAux deux rives de l'eau, paysage tremblant, Sur la berge encaissée où leur ampleur tient juste, Des arbres, dont le tronc au sol rude s'incruste Agitent leurs rameaux sans feuilles, d'un bruit lent.…
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ChœurIl avait plu. Le ciel jetait par intervalle Des rayons incertains sur la vallée ovale, Et trouait le brouillard et les nuages blancs. Sur le bord du chemin les fins bouleaux tremblants Et les chênes…
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Flat noxBrisé de mes élans insensés vers le ciel, Triste, j'ai replié les ailes de mon âme ; Et, lâchement tombé dans les bras d'une femme, La volupté m'endort sur ses lèvres de miel. Et pourtant dans mon…
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Clair de lune en radeLa nuit avait semé ses nuages limpides Tout autour de la lune, astre rêveur et blanc, Qui, du ciel bleu foncé sur l'onde au pâle flanc, Semblait faire pleuvoir l'argent en jets fluides. La voile, au…
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Comment aurait-elle puQuand je le pouvais à peine, Renouer le fil rompu De notre vie incertaine ? Les baisers sont des baisers. Les caresses, des caresses. Les bonheurs sont malaisés Quand on n'a que ces richesses. Le…
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Dans la forêt mouillée et verteComme deux rudes compagnons, Nous allions à la découverte Cueillir au loin des champignons. Nous n'y connaissions pas grand chose ; Comme des enfants, tous les deux, Nous goûtions leur chair blanche…
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Dernier sonnetAprès les yeux, après la bouche, après l'éclat Des cheveux, poursuivant la grâce du poème, Je ne rencontrais pas une beauté suprême Qu'une autre, sans pouvoir lui nuire, n'égalât. Mais ce siècle est…
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Dessous de boisL'ombre bleuâtre et claire au milieu des allées, Comme un long voile plein de taches étoilées, Cache à peine la terre et flotte avec douceur ; Le soleil, en rayant la légère épaisseur, Forme des…
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Distrait et grave comme un fouAyant mes rêves pour cortèges, Je vais un peu je ne sais où Par les pays où sont les neiges. Je vais, et je ne saurais pas Te dire, parfois, où nous sommes. Mais qu'importe à qui laisse en bas L'amas…
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Du temps que tu fus tout mon bienÔ tête bien-aimée et folle, Par caprice tu voulais bien Voir à mon front une auréole. Dans les tableaux, une nimbe d'or Luit sur la tête des apôtres ; Nous n'avons pas ce beau décor : Nous sommes…
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En vain ma force se roiditC'est bien fini : je l'ai revue. Elle était gaie. On aurait dit Que je ne l'avais pas connue. Quel changement subit et grand Pourquoi suis-je resté le même ? Son beau visage indifférent Est à peine…
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ÉtoilesSes yeux, tout un printemps, éclairèrent ma vie Je marchais ébloui, la tenant par la main. Elle était le rayon, l'étoile du chemin, Et tant qu'elle a brillé sur moi, je l'ai suivie. Ainsi mes jours…
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Flava CeresLa terre est une épouse épanouie et mûre. Le blé, pareil à l'or, lui fait des cheveux blonds Qu'elle secoue au vent, étincelants et longs, Les arbres ont des fruits pesants plein leur ramure. Le bon…
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FrontispiceJe rêve un frontispice à mes vers. Le burin, Fantasque, évoquerait sur le seuil d'un portique La fatale beauté d'une Chimère antique. Levant vers moi son front cruel et souverain. Pour abuser mon…
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Gros tempsCombien vas-tu tuer d'hommes, sombre Océan ? Tu portes aujourd'hui ta couronne d'écume ; Et la folle poussière étincelante fume Sur les gouffres où l'œil plonge dans le néant. Des sillons longs et…
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HenriettikComme un fond d'outremer de vieux maître allemand L'azur uni des flots encadre son visage ; Et parmi l'âpreté du rude paysage L'enfant épanouit son corps frêle et charmant. Le regard plein de vie,…
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Il ne faut pas les appeler cruellesElles le sont tout naturellement, Comme les fleurs, quelquefois les plus belles, Dont le parfum fait qu'on meurt en dormant. Quand la fraîcheur pure de leur haleine Embaume l'air et flotte autour de…
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Il reste la mélancolieQuand le bonheur s'en est allé. Alors il faut bien qu'on oublie Ou qu'on ne soit pu consolé, Mais, comme l'oubli serait pire, Sans le vouloir on se souvient, Et la lèvre essaye un sourire Qu'on…
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J'ai fait ce rêve bien souventQui mettait mon cœur en détresse : L'amour, soufflant comme le vent, Avait emporté ma maîtresse. Mais au matin quel beau réveil ! A mes yeux et dans mes oreilles, C'étaient ses yeux comme un soleil…
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J'ai là, devant moi, son portraitRegardez : la tête est jolie Délicatement, sans apprêt... Je ne l'avais pas embellie. Ce qu'on vantait, c'étaient ses yeux, Beaux parfois d'un éclair farouche. Qu'importe ! je n'aimais pas mieux…
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J'ai mêlé ma vie à la tienneToutes mes nuits et tous mes jours, Sans que la crainte me retienne D'être enfin seul et sans recours. Lorsque j'ai voulu la reprendre, Je me suis, hélas ! aperçu Que, dans ce rêve long et tendre,…
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Je n'aimerai jamais que toiA moins qu'une femme ne m'aime, Et ne me donne aussi sa foi Pour me la reprendre de même. Car, vois-tu, nous ne pouvons pas, Si forte qu'en soit notre envie, Aux liens frêles de vos bras Dérober…
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La bénédiction de la baiePendant qu'au loin la grave et lente sonnerie Des cloches se répand, pareille aux chants pieux, Portant les saints de bois et les os précieux, La procession va, se développe et prie. Les bannières…
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La bergeMalgré le froid, le ciel est en fête, et l'azur, Pâle encore, adoucit la lumière adorable ; Penché sur l'horizon, le soleil favorable Se répand et ne laisse aucun détail obscur. La colline montrant…
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La boucheÔ lèvres, fleurs de sang qu'épanouit le rire, Frais calice du souffle et rose du baiser, Où, malgré moi, revient mon rêve se poser, Si douces que les mots ne peuvent pas le dire. Lèvres, coupes…
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La cathédraleLa haute cathédrale est grise, presque noire, Et découpe un profil austère sur les cieux. Une voix vague sort des blocs silencieux : Dans leur langue gothique ils nous disent de croire. C'est le…
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L'adieuQuand elle part, sa grâce invente des retours Charmants, un gant laissé, la fenêtre mal close ; « Elle avait oublié de dire quelque chose... » C'est toujours puéril et c'est exquis toujours. La…
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La fermeVoici l'asile pur des champs : voici la ferme, Le potager étroit, le grand clos de pommiers, La cour vaste où les coqs grattent les bruns fumiers, L'aire, et le grain fécond où sommeille le germe.…
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La fileusePure et blanche aux reflets du grand soleil couchant, Comme dans les tableaux la Vierge agenouillée, Elle hâte du doigt la lente quenouillée, L'œil pensif et la tête avec grâce penchant. Près d'elle…
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La fontaineLes femmes lentement descendent le chemin Et s'arrêtent au bord de la margelle usée. Sur leur tête la cruche en argile posée Demeure droite et tremble à peine dans la main. Le plaintif Océan, d'oit…
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La jambeComme pâlit la joue au baiser de l'amant, Une invisible lèvre a touché la peau rose Aux chevilles ; le sang glorieux les arrose Sans que leur neige en soit moins blanche seulement. Voici qu'un peu…
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La laidePetite, à son école, elle marchait à l'aide D'un bâton, tant étaient débiles ses genoux. Les enfants, qui sont durs et méchants comme nous, Riaient. Pour s'amuser ils l'appelaient : la laide. Plus…
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La landeLa ligne impérieuse et fauve de la lande Change d'aspect, et forme au-dessus du flot clair Un golfe harmonieux de verdure. Dans l'air Court un parfum mêlé d'algues et de lavande. Des barques de…
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La lettreChère épave d'amour ! Se peut-il qu'on oublie ! Oh ! ne laissez jamais le doux être adoré, Pleurant et souriant, dire : « Je reviendrai. » Ceux-là qui s'étaient joints, l'absence les délie. Petite…
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La lisière du boisLa lisière du bois suit le petit chemin D'ocre jaune, où tout pli rit d'une graminée. La pente, pleine d'air, est comme illuminée D'un lever d'ailes d'or, de soufre et de carmin. Vrilles des liserons…
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L'AlsaceDerrière le treillis du passage à niveau Les filles de Strasbourg composent un tableau Pour Marchai, gai bouquet de figures naïves ! Elles portent le court jupon de couleurs vives, Et la coiffe…
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La montéeSur l'Alpe étincelante et haute Le soleil tombe et se répand. Le chemin enlace à mi-côte La montagne comme un serpent. Ainsi que dans une revue S'avancent de vieux grenadiers, Ligne immobile qui…
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L'amourL'Amour, l'autre soir, fantasque et moqueur, Passant près de moi, prit une balance : Dans l'un des plateaux il jeta mon cœur, Il jeta mon cœur avec violence. Dans l'autre, il plaça deux yeux presque…
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La neigeL'air donne le frisson comme un breuvage amer. Le jour est morne, éteint, et prend des tons de cuivre. Les moineaux, pépiant de froid, se laissent suivre, Et, s'envolant, font sur la brume un vague…
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La nuitTiède du souvenir des occidents vermeils, La nuit sur les coteaux palpite immense et bonne. Elle est comme la mer : un vent d'aile y frissonne ; Leur couleur est semblable et leurs bruits sont…
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La nuqueComme un dernier remous sur une blanche plage Que les flots refoulés ne peuvent pas saisir, Sur la nuque que mord le souffle du désir, Un frisson de cheveux trace son clair sillage. Frisson d'écume…
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La pantomimePendant que sur la scène autrefois honorée, Où, l'épée au côté, la cape sur les reins, Les héros déroulaient leurs fiers alexandrins, On accorde parfois au Cid une soirée, Pendant qu'avec des cris,…
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La pêchePour peu que le vent tombe ou saute, il faut la rame. On part, à jeun souvent. C'est l'été, c'est l'hiver ; C'est la pluie ou bien c'est, rougissant le flot vert, Le soleil qui vous brûle au vif avec…
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La petiteAvec ses longs cheveux bouclés, couleur de gerbe, L'enfant était assise au milieu du blé mûr ; Et le cœur saluait ce petit être pur Parmi les majestés du grand été superbe. La petite causait…
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La petite maisonLa porte encor fermée et les fenêtres closes, À peine la maison sort des taillis couverts. Un paysage exquis borne cet univers Où l'on rêve, oublieux des effets et des causes. Le gai matin, qui rit…
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La petite rivièreSi peu que le ciel ait d'azur, D'ici fait encore une lieue, Puis verse au fleuve son flot pur. Plus grande, elle serait moins douce, Elle n'aurait pas la lenteur Qui dans les herbes mène et pousse…
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La ProvenceLa mer bleue au-delà des sables immobiles ; Un ciel qui peint avec de brûlantes couleurs ; Des filles aux cils bruns, comme de fortes fleurs Dressant leur corps nerveux, belles d'être nubiles ; De…
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L'archeLe grand cintre de l'arche encadre un clair tableau. En attendant Avril et pour la bienvenue Des fleurs, le ciel sourit et le froid s'atténue. Au premier plan, la rive en pente douce, et l'eau.…
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La rueLa rue au flanc du roc serpente resserrée ; Les filets font de longs treillis sur les maisons. A tous les coins la mer, fermant les horizons, Fait trembler sur les murs une bande azurée. La bonne…
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La Saint-Martin d'hiverLes bois ont dépouillé leur costume. L'été A dû livrer au vent sa riche broderie, Et les merles moqueurs, qui sifflaient la féérie, Ne savent où cacher leur vol vif et heurté. Voici venir l'hiver,…
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L'aubergeL'auberge était sinistre, isolée ; à la voir On eût dit une tombe au fond d'un cimetière ; Pareille au croque-mort qui recouvre une bière, La nuit l'enveloppait de son grand manteau noir. Voyageur…
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La villaLa maison éclatait en fraîches voix de femmes. On causait ; on riait son rire de vingt ans, Tandis qu'au bord des cieux rouges et palpitants Le soleil se couchait dans son grand lit de flammes.…
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La villeNos coteaux, les plus purs de tous et les plus doux, Que, n'eût été la Grèce, auraient choisis les faunes, Au bas de leurs sentiers poudrés de sables jaunes Ont comme une hydre énorme éparse à leurs…
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L'eau coulait au bord des présLoin de nos mélancolies. — Les gazons sont diaprés. Toutes les fleurs sont jolies. Tu te souviens, les oiseaux Chantaient des épithalames, Et les tiges des roseaux Frissonnaient comme nos âmes. Nous…
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Le bonheurLe bonheur, ce n'est point aimer, puisque l'on pleure. Le bonheur, ce n'est point savoir : on ne sait rien. Est-ce vivre ? La vie est-elle un si grand bien ? Est-ce mourir ? La mort n'est-elle pas un…
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Le carreauDerrière l'épaisseur lucide du carreau Un paysage grêle, une miniature, Fait voir chaque détail plus petit que nature Et tient entre les quatre arêtes du barreau. Ce transparent posé d'aplomb sur le…
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Le cielLe ciel, il faut le ciel vaste comme le vide A mon front ivre d'air, à mon cœur fou d'azur ! Le ciel sublime, avec son grand soleil d'or pur Et ses astres cloués à sa voûte solide ; Avec ses soirs…
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Le clavecinLes pieds branlants et lourds et le ventre fluet, Moins utile qu'aimé, vieilli comme sa gloire, Mais d'un attrait pareil à celui d'une histoire, Le clavecin repose, immobile et muet. L'œil avait des…
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Le cloîtreOnt-ils le droit, ceux-là qui s'évadent du monde Pris de peur et front bas, comme d'un mauvais lieu, D'éteindre leur raison comme on éteint le feu, Et de faire la paix dans leur âme qui gronde ? A…
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Le couUn grain d'ambre fondant et roulant dans du lait Ou la goutte de miel d'une abeille importune, Un éclair de soleil dans un rayon de lune, Un peu d'or sous la peau pris comme en un filet, Voilà les…
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Le courantIl faudrait, pour quitter la ville, un vieux bateau, Suivant l'eau lentement, sans voiles et sans rames. Sur des nuages blancs aussi blancs que des femmes, Le ciel d'été, l'azur étendrait son…
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Le désirLa bonté du soleil n'apaise pas nos yeux. Nous avons les prés clairs où l'eau met des buées, Les collines aux plis charmants continuées En des bandes couleur de perle au bord des cieux. Nos chênes…
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Le frontAinsi que la lueur d'une lampe d'opale Veillant dans une alcôve ou devant un autel, Ainsi, rayon d'amour ou soupir immortel, Le feu de la pensée éclaire le front pâle. Ta lucide beauté ne connaît…
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Le glacierI Le cirque entre ses murs puissants tient un espace Que l'œil mesure à peine ; et son immensité Où triomphalement le vol des aigles passe A pour velarium l'azur fin de l'été. Les longs gradins, ce…
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Le grand arbreDans un parc oublié dont le silence amorce Les rêveurs, sentinelle ancienne du seuil, Le grand arbre muet isole son orgueil, Et vers le ciel étend ses branches avec force. Son tronc noir se raidit…
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Le jardinLe décor est royal ; les arbres éclaircis Alignent la beauté des larges perspectives ; L'eau, qu'un bassin de marbre encadre dans ses rives, Étale avec orgueil ses grands cygnes transis. Les…
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Le lavoirUne source descend de la roche brunie : Les filles de Plomar viennent laver au bas Aux coups vifs des battoirs se mêle le fracas Que fait le flot, et c'est une forte harmonie. Comme devant l'autel…
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Le long coursAvant l'amour fatal de ce qu'on ne sait pas, Je tends vers l'inconnu les forces de mon âme. Je voudrais secouer mes ailes, et je pâme A rencontrer partout l'ombre devant mes pas. Les étoiles où vont…
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Le matinDans le matin qui naît les feux mourants s'éteignent : Le jour incertain flotte et tremble dans la nuit. On ne voit presque plus les étoiles. L'air luit, Et les rayons de l'astre inaperçu…
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Le matin (2)Fraîches, d'un rose vif et pâle tour à tour, Les heures du matin sont l'enfance du jour. Du ciel elles ont vu la ville, leur amie, Et donnent un baiser à la belle endormie. Faites de transparence et…
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Le mensongeLe bonheur qui me dit des paroles tout bas Prend au son de ta voix ses grâces endormantes ; Afin d'avoir ma part de minutes clémentes Je veux la chaîne souple et blanche de tes bras. Je veux ta…
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Le nezOuvert à la fraîcheur des roses embaumées, Le nez, suite du front classiquement étroit, Se dessine un peu grand, irréprochable et droit, Dans la convention plastique des camées. La plus belle parmi…
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Le parfum d'un sourireHier, en vous voyant, je me suis rappelé Que j'ai fait un bouquet au temps des églantines : Des roses, des yeux bleus, des pompons de bottines... Un bouquet d'Arlequin, mince et bariolé. Hier, en…
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Le piedJe veux, humiliant mon front et mes genoux, Prosterné devant toi comme on est quand on prie, Sous le ciel de tes yeux qui font ma rêverie, Baiser pieusement tes pieds petits et doux. J'étancherai,…
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Le réveilDu wagon sombre où rien ne bouge, où rien ne luit, Las des rêves, mauvais compagnons pour la nuit, Le voyageur, avec le jour, cherchant l'espace, Salue en souriant la campagne qui passe : Les arbres,…
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Le réveil (2)Le soleil s'est levé du milieu des collines Comme le premier-né divin des nuits d'été, Déchirant, dans un vol de flammes emporté, Du matin frissonnant les frêles mousselines. Les champs, l'eau, les…
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Les bœufsDes larges prés ayant le flot bleu pour frontière, Jetés dans les wagons monstrueux et hurlants, Les bœufs, souffrant de l'air qui leur cingle les flancs, Ont roidi leurs jarrets une nuit tout…
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Le RhinSur la route du fleuve roi La rive veut rire et s'effraie ; Le ruisseau chuchote à part soi Et les peupliers font la haie. Bien que pressé d'aller au but, Il fait d'une façon civile Une courbe comme…
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Les brasÔ la plus douce et la meilleure des caresses ! Autour du cou deux bras enlacés simplement. Premier mot du désir, premier rêve d'amant, Et premier abandon de toutes les maîtresses ! Puis vaincus et…
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Les caresses, ailes de l'âmePar le chemin du souvenir, S'en vont, tremblantes, vers la femme Que l'on n'a pas su retenir. Ô caresses ! choses légères, Au vol fidèle, au rhythme sûr, Suivant les chères passagères Près de la…
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Les cheveuxLe flot de ses cheveux a baisé le soleil : Il en est demeuré rouge comme une aurore. Il brille sur la tête auguste et la décore Comme un ruisseau coulant dans un pays vermeil. Les profonds cheveux…
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Les collinesQuand je monte vers la barrière, En laissant la ville en arrière, Quand la rue est près de finir, Un mirage, un décor, un rêve Au bout de mon chemin se lève : Je vous connais : vous êtes Sèvres ;…
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Les corpsLes Grecs, pour honorer une de leurs Vénus, Inscrivaient Callipyge au socle de la pierre. Ils aimaient, par amour de la grande matière, La vérité des corps harmonieux et nus. Je ne crois pas aux sots…
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Les coucousDans l'allée où l'on va souvent, près du théâtre, Vous avez admiré la gravité folâtre Des coucous du pays qu'on prendrait pour un jeu ; Qui s'ouvrent à la fois, ou chantent peu à peu, Et partent sans…
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Les dentsDerrière l'épaisseur et le pur incarnat Des lèvres, qu'en passant fait palpiter l'haleine, On entrevoit les dents découvertes à peine, Comme une aube à travers de frais rideaux grenat. Ce n'est rien…
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Les dieuxA l'éclat du soleil j'aime à brûler mes yeux : Je bois une liqueur arrière mais choisie ; Et j'aime, dangereuse et triste poésie, A méditer la vie et l'histoire des cieux. Je cherche comment l'homme…
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Les épaulesLa courbe n'eut jamais d'inflexions plus douces, Excepté quand elle est le sein pur et charmant. Elles laissent tomber leurs ondes mollement Dans la succession des lignes sans secousses. Une ombre…
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Les étoiles ne me sont rienEt je ne saurais rien leur dire. Un même éclat qui les vaut bien Fait ton regard et ton sourire. Ceux qui, niant un bien réel, Cherchent les astres sous leurs voiles, Se trompent : ce n'est pas au…
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Les fleurs de ciguëC'était une de ces nuits blondes Qu'il fait après les jours brûlants : Pleine d'aurores vagabondes Et de crépuscules tremblants. Les arbres, décor sympathique Sur la lune dans sa rondeur,…
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Les fleurs de pommiersLes champs sont comme des damiers Teintés partout du blé qui lève. Avril a mis sur les pommiers Sa broderie exquise et brève. Avant que les soleils brutaux Aient fait jaunir l'herbe et la branche,…
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Les horizonsL'horizon s'étend libre au loin, laissant l'espace Étaler la splendeur de son immensité ; Il a beau déployer un orbe illimité , Quelque vaste qu'il soit, notre âme le dépasse. Rien n'a plus sa figure…
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Les mainsBlanches, ayant la chair délicate des fleurs, On ne peut pas savoir que les mains sont cruelles. Pourtant l'âme se sèche et se flétrit par elles ; Elles touchent nos yeux pour en tirer des pleurs. Le…
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Les mauvais dîners charmantsCouvrant un seul bout de la table, Les faciles raffinements, Et le bonheur inévitable ! C'était trop chaud, c'était trop froid, Selon le hasard ou ta guise ; Ton sourire m'ôtait le droit De nier…
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Le soirLe soir charmant qui fait rêver toutes les choses Tombe dans les vallons du haut des Alpes roses. Le ciel, rouge au couchant, à l'orient est bleu. Comme les cordes d'or d'une lyre de feu, Les rayons…
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Les parfumsLa moisson sent le pain : la terre boulangère Se trahit dans ses lourds épis aux grains roussis, Et caresse au parfum de ses chaumes durcis L'odorat du poète et de la ménagère. La tête dans l'air…
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Les petits arbresMalingres, laids, tendant de longs bras d'araignées, Le corps cerclé de linge et les pieds dans du fer, A deux pas des maisons, sans espace, sans air, Les petits arbres vont en bandes alignées. Ils…
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Les poètes sont des roisEn effet très ridicules. Ils ont peut-être des droits Sur les vagues crépuscules, Sur les nuits, sur les soleils, Sur les choses ténébreuses, Et sur les baisers vermeils De leurs belles amoureuses.…
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Les sardinièresQuand le travail s'arrête et quand finit le jour, L'obscur logis s'éclaire et la vitre étincelle. Vers l'âtre où le souci des mères les appelle Elles pressent le pas et hâtent le retour. Le court…
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Les seinsL'éclosion superbe et jeune de ses seins Pour enchaîner mes yeux fleurit sur sa poitrine. Tels deux astres jumeaux dans la clarté marine Palpitent dévolus aux suprêmes desseins. Vous contenez…
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Les vaguesVous êtes la beauté. Vers, la pure Ionie C'est de vous que naquit Vénus au temps des dieux, Et vous avez formé son corps victorieux De votre onde mobile à la lumière unie. C'est vous, près des…
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Les vertigesJ'ai monté sur le roc où l'on peut se tenir A peine, et j'ai gravi la haute cathédrale, Et mes yeux s'effaraient de ne voir pas finir Les espaces où l'air déroule sa spirale : Mon esprit a connu le…
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Les violettesUne habitude longue et douce lui faisait Aimer pendant l'hiver les violettes blanches ; A l'agrafe du châle un peu court sur les hanches Son doigt fin, sentant bon comme elles, les posait. Un jour…
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Les VosgesS'il est vrai qu'on fait bien d'admirer lentement Le dessin magnifique et pur du sol charmant, Les bois frais, les blés verts qui sont de doux présages, S'il est exquis de suivre à pied les paysages,…
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Les yeuxLe soleil des beaux yeux ne brûle que l'été. Plus tard il s'affaiblit ; plus tôt, il faut attendre : C'est un rayon d'avril, pâle encore et trop tendre, N'échauffant que la grâce au lieu de la…
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LettreQue fais-tu là, chère attendue ? L'ennui fâcheux vient-il souvent Rendre à ton doux esprit rêvant Une longue visite indue ? Fais-tu des voyages charmants Aux pays où l'amour habite Avec les héros de…
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Le ventreAppuyé sur les reins et sur les contours blancs Des cuisses, au-dessous des merveilles du buste, Le ventre épanouit sa tension robuste Et joint par une courbe exacte les deux flancs. Les tissus de la…
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Le vieux portraitDans l'ovale du cadre où s'éteint la dorure, Sous le verre, l'éclat d'un pastel ancien S'amortit en des tons gris de perle. On voit bien Qu'il est vieux, et le temps lui fait une parure. C'est la…
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L'herculeEn plein air, sur l'estrade en planches de bois blanc, Aux sons du cuivre aigu faussant les ritournelles, Pendant que les buveurs trinquent sous les tonnelles, L'hercule fait saillir les muscles de…
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L'heureC'est l'heure : je sais bien qu'elle ne viendra pas, Qu'elle n'a pas noué la furtive dentelle, Et que mon désir vain ne dira pas : c'est elle, Devinant la musique exquise de ses pas. Je sais que les…
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L'homme mûrit son cœurL'homme mûrit son cœur. L'arbre mûrit sa sève. Voici l'heure des fruits, et voici la saison Où la terre a poussé des germes à foison. Debout, penseur ! voici l'avenir qui se lève ! Va, guerrier ;…
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L'huîtreJe ne vois pas tes yeux, mais je vois ton sourire : Tout ton être respire un grand air de bonté. A te sentir si fraîche en ta calme beauté, Chavette ému tressaille, et Monselet soupire. Ta rondeur…
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L'idoleComme un prêtre jaloux qui pare son idole, J'étais fier de lui mettre au front une auréole ; Et dans l'azur profond et vague de ses yeux, Je poursuivais l'erreur d'un mirage pieux. C'est que sa…
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L'imageComme la main distraite et qui n'a pas de thème Précis, par la vertu secrète d'un aimant, Décrit, sans y songer et machinalement, Un contour au hasard jeté, toujours le même ; Ainsi va ma pensée, et…
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L'oreilleElles seraient la nacre au bord des coquillages Si les nacres avaient ces humaines blancheurs ; Elles seraient le rose et le satin des fleurs, Si les roses vivaient aux barreaux des treillages. Il…
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Lune d'hiverA travers le réseau des branches que l'hiver Trace avec la vigueur des dessins à la plume, La lune, comme un feu qui dans le ciel s'allume, Montait, luisant au bord du bois couleur de fer. Tu…
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MétamorphosesÔ salubre et fécond engrais des trépassés ! Ferment mystérieux des sèves éternelles, Nous te composerons, pourritures charnelles, Sous les gazons plus verts pêle-mêle entassés. Quand nous aurons…
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Non, tu ne m'as rien emportéC'est encor moi qui te possède ; J'ai gardé toute ta beauté ; A nul autre je ne te cède ! Écoute ! L'homme à qui tes bras Ouvrent le ciel de tes caresses, Quoi qu'il fasse, ne t'aura pas, Ô la plus…
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Ne leur en veuillons pasNos pauvres amoureuses Suivent à petits pas Des routes plus heureuses. Paris ne leur vaut rien : On y fait des folies. Elles nous aiment bien Tant qu'elles sont jolies. Que faire ? Les laisser…
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Non, je ne te réclame rienConserve de l'heure passée Tout ce que tu pris de mon bien : Mon cœur, hélas ! et ma pensée. Tu pourras en avoir besoin En ces tristes nuits sans délire Où l'on pleurerait dans un coin, Si l'on…
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Nous n'irons plus au boisNous n'irons plus au bois, les vivres sont coupés ! Prud'homme déclarait immorale et cynique Ma longue extase aux pieds d'une maîtresse unique, Dont la grâce tenait tous mes jours occupés. Tu n'iras…
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Nous nous rencontreronsQuelquefois par la ville, Et nous cous salûrons D'une façon civile. Un souvenir tout bas Nous parlera peut-être, Ou bien nous n'aurons pas L'air de nous reconnaître ; Chacun de son côté, Sans que…
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Nuit d'avrilI Les étoiles, lueur bleuâtre, Flambent au ciel limpide et froid, Ranimons la flamme dans l’âtre De notre paradis étroit. Pas de lampes, pas de bougies ; Le foyer tient lieu de flambeau. Moins…
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Oh ! pourquoi partir sans adieuxPourquoi m'ôter ton doux visage, Tes lèvres chères et tes yeux Où je n'ai pas lu ce présage ? Pourquoi sans un mot de regret ? Est-ce que l'heure était venue ? Si ton cœur, hélas ! était prêt, Je ne…
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PaganismePour les rêveurs, la source a toujours sa naïade Songeuse avec son cou flexible et ses yeux verts. Avec sa lèvre humide, avec ses bras ouverts Au jeune athlète lier des poussières du stade. Les bois…
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Passe-portNez moyen. Œil très-noir. Vingt ans. Parisienne Les cheveux bien plantés sur un front un peu bas. Nom simple et très joli, que je ne dirai pas. Signe particulier : ta maîtresse, ou la mienne. Une…
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PaysageA l'abri de l'hiver qui jetait vaguement Sa clameur, dans la chambre étroite et bien fermée Où mourait un bouquet fait de ta fleur aimée, Parmi les visions de l'étourdissement ; Pendant qu'avec la…
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Pourquoi la renierJe n'ai pas de colère. Ô mon amour dernier, Ô chose bleue et claire ! Pourquoi me souvenir Qu'elle me fût amère ? J'aime mieux retenir Par l'aile ma chimère. Le pardon est plus doux. Mon adieu se…
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PréludeC'est l'antique forêt aux mille enchantements. Le tilleul aux fleurs d'or embaume à pleins calices, Et la lune pensive, astre cher aux amants, Fait germer dans mon cœur d'ineffables délices,…
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Printemps passéComme elle était si jeune et qu'elle était si blonde, Comme elle avait la peau si blanche et l'œil si noir, Je me laissai mener, docile, par l'espoir D'engourdir ma rancœur sur sa poitrine ronde. Son…
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PrologueLe vieux maître excellent de l'école lombarde N'a certes pas créé ses tableaux d'un seul jet, Tant leur style absolu témoigne du projet De ne confier rien à la main qui hasarde. La Joconde n'est…
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Quand les malheureux ont l'étéEt le soleil pour leur sourire, Il semble qu'un peu de gaité Vienne atténuer leur martyre. Mais l'hiver, quand il fait si froid, Malgré la force coutumière, L'espérance cède et décroît Ainsi que la…
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Quand on est heureux, on n'a pas d'histoireOn se cache, on s'aime à l'ombre, tout bas ; Rien de glorieux, pas de fait notoire ; Le monde oublié ne vous connaît pas. Si quelqu'un pourtant, avec un sourire Dit, en vous voyant fuir l'éclat du…
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Quand tu n'auras plus ton beau seinNi la douceur de ton haleine, Ni l'éclat rose et le dessin De ta joue adorable et pleine, Alors je serai presque vieux : Mon heure aussi sera passée, Mais l'âge aura mis dans mes yeux Et sur mon…
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RêveQuand on rêve, l'on est aimé si tendrement ! L'autre nuit, tu t'en vins avec mélancolie Appuyer sur mon cœur ton visage charmant. Tu ne me disais pas : Je t'aime à la folie. Tu ne me disais rien ;…
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Si je n'étais pas assez bonVois-tu, tu devais me le dire. J'ai l'habitude du pardon Comme toi celle du sourire. L'amant a dans son cœur le ciel : Mais, s'il y passe des nuées, Les heures d'amour éternel En sont parfois…
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S'il ne t'avait fallu que mon sangS'il ne t'avait fallu que mes nuits et mes jours, Tu sais comme j'aurais noué nos deux amours : Par le bien, par le mal, mon cœur t'aurait suivie. S'il ne t'avait fallu, pour combler ton envie, Que…
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Soir de luneL'azur du soir s'éteint rayé de bandes vertes. Comme hors de son lit un fleuve débordé, La lune se répand, et l'éther inondé Ruisselle, des coteaux aux plaines découvertes. Sous le voile muet de ces…
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Soleil couchantLe disque glorieux tombant dans les flots roux Éclabousse d'éclairs le mur de la falaise ; Il semble que dans l'air apaisé tout se taise, Et que la mer farouche endorme son courroux. La vague, avec…
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Son désordre était charmantOn eût dit beaucoup de fées Dans un tourbillonnement Légères et décoiffées. Seule, elle, faisait cela ; Je riais de la voir rire. — Un jour elle s'envola : Puisse l'air bleu la conduire ! Bien…
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Sur la falaiseL'horizon bleu, ceinture immense, étreint la terre Dont l'âpre Océan vert couvre à moitié le flanc. L'air dans tout son azur n'a qu'un nuage blanc, Et la mer a le pouls régulier d'une artère. Le…
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Tableau de laqueLa ville que je veux serait je ne sais où, Mais loin d'ici, dans l'Inde, ou prés d'un fleuve en Chine. L'air bleuirait sa tour de porcelaine fine, Portant comme un bouffon des clochettes au cou. La…
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Ta boucheTa bouche a deux façons charmantes de causer, Deux charmantes façons : le rire et le baiser. Si vous voulez savoir celle que je préfère, J'aime mieux celle-ci, mais l'autre m'est plus chère.
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Ta bouche était la coupe ardenteTes yeux étaient mon ciel, bleu comme l'autre, et vide. Ivre, j'avais laissé l'espérance candide Passer avec l'amour sur la route où je vais. Étant un amoureux, est-ce que je savais Comment vous nous…
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Tes cheveuxElle est charmante, elle est aussi brune que blonde. Vous la reconnaîtrez, perfide comme l'onde, A ses cheveux changeant de tons et de parfums. Lorsque cela me plaît, moi, je les trouve bruns.…
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Tes mainsBien qu'elles soient d'un marbre pâle, Tes mains fines que j'adorai, Et que jamais la dent du hâle N'ait pu mordre leur grain nacré ; Ce n'est pas à quelque statue, Où l'idéale pureté Dans la forme…
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Te souviens-tu de ce matin d'hiverDe la dernière et chère promenade ? Il faisait beau, le soleil était clair : C'était un temps d'heureux ou de malade. C'était aussi notre pays charmant, Le fleuve lent et sa rive un peu plate ; Et…
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Tes yeuxJ'ai regardé longtemps tes yeux, voulant rêver. J'ai regardé longtemps tes yeux, voulant trouver Dans l'azur délicat dont leur moire est tissée Le rêve qui repose et berce la pensée. J'ai regardé tes…
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Ton cœurVoulant me croire aimé, vainqueur De mon âme triste et chagrine, Un jour que j'écoutais ton cœur Sous la rondeur de ta poitrine ; Loin que ton cœur, oiseau charmant, Semblât bondir à ma rencontre,…
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Ton frontTon front est le foyer où mon âme rayonne, Le ciel de la pensée où palpite et frissonne Mon rêve, oiseau chanteur aux longues ailes d'or. C'est l'oreiller charmant où ma langueur s'endort, Où mon…
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Toujours l'extase des baisersNe boire que la fleur des choses ! Les printemps sont malavisés ; Les roses ont tort d'être roses. Avoir toujours un oiseau bleu Qui vous sautille dans la tête ! Il vaut bien mieux nous dire adieu,…
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Tu peux bien ne pas revenirSi c’est à présent ton envie ; Mais redoute mon souvenir, Qui, malgré toi, t’aura suivie Dans les songes des nuits d’été Des étoiles étaient écloses. Ton pied cher, sans but arrêté. A perdu le chemin…
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Une saltimbanqueMédaille d'or usée où la beauté persiste, La saltimbanque au gré du public curieux Étalait, sous le clair maillot, pour tous les yeux, Des reliefs dont la ligne eût séduit un artiste. La jupe…
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Un jour nous étions en bateauElle voulut manger des mûres. — Le bord, c'est presque le coteau, Avec les bois pleins de murmures. Vous savez quels soleils charmants Tombent à midi sur nos plaines. — Penchée en de fins mouvements.…
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VénusLe feuillage lascif et chaud brûle les ailes Des oiseaux dont le chœur éclate dans la nuit ; Le rossignol redit cent fois : les fleurs sont belles. L'oiseau qui ne sait pas de chansons fait du bruit.…
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