Théodore Agrippa d'Aubigné
Poèmes de Théodore Agrippa d'Aubigné (50)
Classés par titre (A–Z).
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Accourez au secours de ma mort violenteSonnet I. Amants, nochers experts en la peine où je suis, Vous qui avez suivi la route que je suis Et d'amour éprouvé les flots et la tourmente. Le pilote qui voit une nef périssante, En l'amoureuse…
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Ainsi l'amour et la fortuneOde V. Tous deux causes de mes douleurs, Donnent à mes nouveaux malheurs Leur force contraire et commune, Ainsi la fortune et l'amour, D'une force unie et contraire Veulent avancer et distraire Mes…
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À l'éclair violent de ta face divineN'étant qu'homme mortel, ta céleste beauté Me fit goûter la mort, la mort et la ruine Pour de nouveau venir à l'immortalité. Ton feu divin brûla mon essence mortelle, Ton céleste m'éprit et me ravit…
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À longs filets de sang ce lamentable corpsTire du lieu qu'il fuit le lien de son âme, Et séparé du coeur qu'il a laissé dehors, Dedans les forts liens et aux mains de sa dame, Il s'enfuit de sa vie et cherche mille morts. Plus les rouges…
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Amour qui n'est qu'amourStance XXI. Amour qui n'est qu'amour, qui vit sans espérance, De soi-même par soi par soi-même agité, Qui naquit éternel vif à l'éternité Qui surpasse en aimant l'âme et la connaissance, Que cet…
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Auprès de ce beau teintSonnet XLII. Auprès de ce beau teint, le lys en noir se change, Le lait est basané auprès de ce beau teint, Du cygne la blancheur auprès de vous s'éteint Et celle du papier où est votre louange. Le…
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Au tribunal d'amour, après mon dernier jourSonnet C. Mon coeur sera porté diffamé de brûlures, Il sera exposé, on verra ses blessures, Pour connaître qui fit un si étrange tour, A la face et aux yeux de la Céleste Cour Où se prennent les…
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Bien que la guerre soit âpreSonnet X. Et qu'un douteux combat dérobe la douceur, Que de deux camps mêlés l'une et l'autre fureur Perde son espérance, et puis la renouvelle, Enfin, lors que le champ par les plombs d'une grêle…
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Ce doux hiver qui égale ses joursSonnet LXXXIII. A un printemps, tant il est aimable, Bien qu'il soit beau, ne m'est pas agréable, J'en crains la queue, et le succès toujours. J'ai bien appris que les chaudes amours, Qui au premier…
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Ce qui a esgalé aux cheveulx de la terreSonnet IX. Les tours, et les chasteaux qui transpercent les Cieux, Ce qui a renversé les palais orgueilleux, Les sceptres indomptez eslevez par la guerre. Ce n'est pas l'ennemy qui un gros camp…
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Combattu des vents et des flotsSonnet IV. Voyant tous les jours ma mort preste, Et abayé d'une tempeste D'ennemis, d'aguetz, de complotz, Me resveillant à tous propos, Mes pistolles dessoubz ma teste, L'amour me fait faire le…
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Complainte à sa dameNe lisez pas ces vers, si mieux vous n'aimez lire Les escrits de mon coeur, les feux de mon martyre : Non, ne les lisez pas, mais regardez aux Cieux, Voyez comme ils ont joint leurs larmes à mes…
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Contre la présence réelleN'est-ce point sans raison que ces champis désirent Etre sur les humains respectés en tous lieux, Car ils sont demi-dieux, puisque leurs pères tirent Leur louable excrément de substance des Dieux. Et…
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Dans le parc de ThalcySonnet XXXI. Dans le parc de Thalcy, j'ai dressé deux plançons Sur qui le temps faucheur ni l'ennuyeuse estorse Des filles de la nuit jamais n'aura de force, Et non plus que mes vers n'éteindra leurs…
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Déjà la terre avait avorté la verdureSonnet LXXXV. Desja la terre avait avorté la verdure Par les sillons courbez, lors qu'un fascheux hyver Dissipe les beautez, et à son arriver S'accorde en s'opposant au vouloir de nature, Car le…
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Diane, ta coutume est de tout déchirerSonnet LXXXIX. Enflammer, débriser, ruiner, mettre en pièces, Entreprises, desseins, espérances, finesses, Changeant en désespoir ce qui fait espérer. Tu vois fuir mon heur, mon ardeur empirer, Tu…
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D'un outrageux combat la fortune et l'amourSonnet VII. Me veulent ruiner et me veulent bien faire : L'amour me veut aider, et fortune contraire Le brouille en le trompant de quelque nouveau tour. L'un fit dedans les yeux de Diane séjour, Luy…
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En un petit esquif éperdu, malheureuxSonnet II. Exposé à l'horreur de la mer enragée, Je disputais le sort de ma vie engagée Avec les tourbillons des bises outrageux. Tout accourt à ma mort : Orion pluvieux Crève un déluge épais, et ma…
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ExtaseSonnet LXX bis. Ainsi l'amour du Ciel ravit en ces hauts lieux Mon âme sans la mort, et le corps en ce monde Va soupirant çà bas à liberté seconde De soupirs poursuivant l'âme jusques aux Cieux. Vous…
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Hardy j'entreprendray de te rendre éternelleSonnet VI. Targuant de mes escrips ton nom contre la mort, Mais en t'éternisant, je ne travaille fort : Ta perfection n'est en aucun poinct mortelle. Rien n'est mortel en toy, ta chasteté est telle,…
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Je brûle avec mon âmeSonnet XCVI. Je brûle avec mon âme et mon sang rougissant Cent amoureux sonnets donnés pour mon martyre, Si peu de mes langueurs qu'il m'est permis d'écrire Soupirant un Hécate, et mon mal gémissant.…
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Je confesse, j'eu tortSonnet XCIII. Je confesse, j'eu tort, quand d'un accent amer Sans feindre j'esclatay mes passions sans feinte, Je devoy retenir ceste douleur esteincte Sans prodiguer ainsi les nymphes dans la mer.…
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LarmesÀ Suzanne de Lezay, la femme de l'auteur . J'ai couvert mes plaintes funèbres Sous le voile noir des ténèbres, La nuit a gardé mes ennuis, Le jour mes allégresses feintes ; Cacher ni feindre je ne…
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Le miel sucré de votre grâceStance X. Le miel sucré de vostre grâce, Le bel astre de vostre face Meurtrière de tant de cueurs Ne sorte de ma souvenance ; Mais où prendray-je l'espérance De guérison pour mes douleurs ? Je sens…
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Le peintre qui voudrait animer un tableauSonnet XII. Du printemps bien fleuri, où y feindre une glace De cristal reluisant, ou l'azur et la face Du ciel, alors qu'il est plus serein et plus beau S'il voulait faire naître au bout de son…
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L'hiver du sieur d'AubignéMes volages humeurs, plus stériles que belles, S'en vont, et je leur dis : " Vous sentez, hirondelles, S'éloigner la chaleur et le froid arriver. Allez nicher ailleurs pour ne fâcher, impures, Ma…
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Liberté douce et gracieuseStance IX. Des petits animaux le trésor, Ah liberté, combien es-tu plus précieuse Ni que les perles ni que l'or ! Suivant par les lois à la chasse Les escureux sautans, moi qui estoit captif, Envieux…
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Mille baisers perdusSonnet LVIII. Mille baisers perdus, mille et mille faveurs, Sont autant de bourreaux de ma triste pensée, Rien ne la rend malade et ne l'a offensée Que le sucre, le ris, le miel et les douceurs. Mon…
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Miséricorde, ô Cieux, ô Dieux impitoyablesSonnet III. Epouvantables flots, ô vous, pâles frayeurs Qui même avant la mort faites mourir les coeurs, En horreur, en pitié, voyez ces misérables ! Ce navire se perd, dégarni de ses câbles, Ses…
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Nos désirs sont d'amourSonnet LXXIII. Nos désirs sont d'amour la dévorante braise, Sa boutique nos corps, ses flammes nos douleurs, Ses tenailles nos yeux, et la trempe nos pleurs, Nos soupirs ses soufflets, et nos sens sa…
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Nous ferons, ma Diane, un jardin fructueuxSonnet XX. J'en serai laboureur, vous dame et gardienne. Vous donnerez le champ, je fournirai de peine, Afin que son honneur soit commun à nous deux. Les fleurs dont ce parterre éjouira nos yeux…
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Ô combien le repos devrait être plaisantSonnet LXVI. Après un long chemin, fâcheux et difficile ! Ô combien la santé qui tire le débile Hors du lit par la main, le va favorisant ! Combien, après la nuit, le soleil reluisant Fait paraître…
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On ne voit rien au Ciel, en la terre pezanteSonnet LXXXVII. Au feu, en l'eau, à l'air, qu'en le considérant Mon esprit affligé n'aille se martirant, Et mon âme sur soy cruellyse insolente, Quand une âme céleste, une paresse lente A me donner…
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Ores qu'on voit le CielSonnet LXXXIV. Ores qu'on voit le Ciel en cent mille bouchons Cracheter sur la terre une blanche dragée, Et que du gris hyver la perruque chargée Enfarine les champs de neige, et de glaçons, Je veux…
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Oui, je suis proprement à ton nom immortelSonnet XCVII. Le temple consacré, tel qu'en Tauroscytie Fut celui où le sang apaisait ton envie : Mon estomac pourpré est un pareil autel. On t'assommait l'humain, mon sacrifice est tel, L'holocauste…
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Oui, mais ainsi qu'on voit en la guerre civileSonnet VIII. Les débats des plus grands, du faible et du vainqueur De leur douteux combat laisser tout le malheur Au corps mort du pays, aux cendres d'une ville, Je suis le champ sanglant où la…
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Par ses yeux conquerans fust tristement ravieSonnet LXXXVI. Ma serve liberté, en la propre saison Que le soleil plus chault reprend sur l'horizon Sa course d'autre part qu'il ne l'a poursuivie, Et au poinct proprement du solstice ma vie,…
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Pauvre peintre aveugléSonner XXIV. Pauvre peintre aveuglé, qu'est-ce que tu tracasses A ce petit portrait où tu perds ton latin, Essayant d'égaler de ton blanc argentin Ou du vermeil, le lys et l'oeillet de sa face ? Ce…
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Pressé de désespoirStance VIII. Pressé de désespoir, mes yeux flambants je dresse À ma beauté cruelle, et baisant par trois fois Mon poignard nu, je l'offre aux mains de ma déesse, Et lâchant mes soupirs en ma…
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Prière de l'auteurPrisonnier de guerre et condamné à mort . Lors que ma douleur secrète, D'un cachot aveugle jette Maint soupir empoisonné, Tu m'entends bien sans parole. Ma plainte muette vole Dans ton sein…
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Puisque le corps blesséStance VII. Puisque le cors blessé, mollement estendu Sur un lit qui se courbe aux malheurs qu'il suporte Me faict venir au ronge et gouster mes douleurs, Mes membres, jouissez du repos pretendu,…
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Quand du sort inhumain les tenailles flambantesSonnet L. Du milieu de mon corps tirent cruellement Mon coeur qui bat encor' et pousse obstinément, Abandonnant le corps, ses plaintes impuissantes, Que je sens de douleurs, de peines violentes ! Mon…
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Quiconque sur les os des tombeaux effroyablesStance XIX. Verra le triste amant, les restes misérables D'un coeur séché d'amour, et l'immobile corps Qui par son âme morte est mis entre les morts, Qu'il déplore le sort d'une âme à soi contraire,…
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Ronsard si tu as su par tout le monde épandreSonnet V. L'amitié, la douceur, les grâces, la fierté, Les faveurs, les ennuis, l'aise et la cruauté, Et les chastes amours de toi et ta Cassandre, Je ne veux à l'envi pour sa nièce, entreprendre…
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Si je pouvais porter dedans le seinSonnet XXIII. Si je pouvoy' porter dedans le sein, Madame, Avec mon amitié celle que j'ayme aussi, Je ne me plongeroy au curieux souci Qui dévore mes sens d'une ennuyeuse flamme. Doncques pour…
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Si mes vers innocents ont fait à leur déçuSonnet XCII. Courroucer votre front d'une faute imprudente, C'est l'amour qui par eux votre louange chante : Amour a fait du mal, si du mal y a eu. Lichas l'infortuné porta ainsi déçu, Au fils…
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Si vous voyiez mon coeur ainsi que mon visageSonnet XCIV. Vous le verriez sanglant, transpercé mille fois, Tout brûlé, crevassé, vous seriez sans ma voix Forcée à me pleurer, et briser votre rage. Si ces maux n'apaisaient encor votre courage…
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Sort inique et cruelSonnet XCV. Sort inique et cruel ! le triste laboureur Qui s'est arné le dos à suivre sa charrue, Qui sans regret semant la semence menue Prodigua de son temps l'inutile sueur, Car un hiver trop long…
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Soupirs épars, sanglots en l'air perdusSonnet XCIX. Témoins piteux des douleurs de ma gêne, Regrets tranchants avortés de ma peine, Et vous, mes yeux, en mes larmes fondus, Désirs tremblants, mes pensers éperdus, Plaisirs trompés d'une…
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Hécatombe à Diane, de Théodore Agrippa d'AubignéRédigé au XVI e siècle, Hécatombe à Diane est un recueil de sonnets de Théodore Agrippa d'Aubigné .
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