Si vous voyiez mon coeur ainsi que mon visage

Sonnet XCIV.
Vous le verriez sanglant, transpercé mille fois, Tout brûlé, crevassé, vous seriez sans ma voix Forcée à me pleurer, et briser votre rage.
Si ces maux n'apaisaient encor votre courage Vous feriez, ma Diane, ainsi comme nos rois, Voyant votre portrait souffrir les mêmes lois Que fait votre sujet qui porte votre image.
Vous ne jetez , ni dard, ni coup, ni trait, Qui n'ait avant mon coeur percé votre portrait. C'est ainsi qu'on a vu en la guerre civile
Le prince foudroyant d'un canon La place qui portait ses armes et son nom, Détruire son honneur pour ruiner sa ville.

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

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