Ores qu'on voit le Ciel

Sonnet LXXXIV.
qu'on voit le Ciel en cent mille bouchons Cracheter sur la terre une blanche dragée, Et que du gris la perruque chargée Enfarine les champs de neige, et de glaçons,
Je veux garder la chambre, et en mille façons Meurtrir de coups plombez ma poitrine outragée, Rendre de sans tort ma Diane vengée, Crier mercy sans faute en ces tristes chansons.
La nue face effort de se crever, si ay-je Beaucoup plus de tormentz qu'elle de brins de neige : quelquefois ma peine continue,
Des yeux de ma beauté sente l'embrassement, La neige aux chauds rayons du soleil diminue, Aux feux de mon soleil j'empire mon torment.
1. Torment : Tourment .

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

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