Joseph Autran
Poèmes de Joseph Autran (84)
Classés par titre (A–Z).
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A Franz LisztSous quels cieux nouveaux, ô mon grand artiste. Ta sonore tente a-t-elle émigré ? Moi dont l'amitié te suit à la piste, Je reviens, ce soir, solitaire et triste, Revoir un doux lieu par toi consacré.…
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A l'alouetteEsprit de l'air, je te salue ! Je te salue, oiseau lointain, Qui montes, comme une âme élue Dans la lumière du matin. Fuyant la plaine où ton nid reste, Où l'homme aussi demeure, hélas ! Tu remplis…
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A une jeune passagèreQuoi ! Vous à pareille heure ici, belle inconnue ! Étrangère, et pour moi cependant déjà sœur ! Vous, si jeune et si frêle, êtes aussi venue Admirer l'ouragan dans toute sa noirceur ! Quoi ! Pour…
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A un puits de campagneDu travail des aïeux, salut, cher monument ! Salut, pierre modeste unie au dur ciment ! Dans notre vieil enclos, qui rarement se ferme, Je t'aime et te vénère, ô puits de notre ferme ! Et, des…
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Aux alcyonsLes soirs d'automne, quand l'orage Sur les blancs contours de la plage Sème la vague en tourbillons, J'aime à venir sur cette rive Écouter votre voix plaintive, Alcyons ! Tristes alcyons ! Du bord de…
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Avant que mon adieu salueParis, ce beau Paris qui fut l'humble Lutèce, Et que j'aille revoir les fortunés climats Où Marseille au rivage aligne tant de mâts, Laisse-moi rafraîchir, ami, dans ta mémoire, La promesse qu'un…
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BordighieraHumbles toits, rassemblés au flanc de la colline Que ceignent les palmiers ; Tuiles au rouge émail qu'un vieux clocher domine. Hanté par les ramiers ; Des portes où la vigne arrondit son treillage,…
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CarqueiranneJe les avais jadis visités, ces rivages Où le cristal des eaux reflète un ciel si pur, Où la terre embaumée abonde en fleurs sauvages, Où le figuier s'incline et trempe ses feuillages Au maritime…
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Chanson d'un tritonLes vents fougueux, les vents déchaînés à grand bruit Contre les noirs écueils, ce soir, déchirent l'onde. Qu'ils soufflent ! Sous le toit de ma grotte profonde, Tu pourras, sans danger, dormir toute…
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Chansons du soirAprès un jour d'été, quand la ville s'endort, Qu'elle étouffe l'écho de ses rumeurs dernières ; Quand les lampes du soir dans les maisons du port S'allument, et sur l'eau projettent leurs lumières ;…
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CircumnavigationAux confins d'un plateau qui fleurit sans culture S'élève une montagne, étrange de structure, Dont les flancs, inclinés et taillés en remparts, Présentent mille creux béants de toutes parts. Gomme un…
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CogoretoHalte, voiturin ! Je veux, au rivage, Suivre ici la route en humble piéton. Il eut pour berceau cet obscur village, Celui dont ce mur porte inscrit le nom. Tout jeune, il venait s'asseoir à la grève,…
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Dans les boisViens dans les ombres du hallier, Viens avec moi, riante et douce ; Écoute l'écho singulier De ce grand chêne aux pieds de mousse Si je lui chante ici ton nom, Ce cher nom de sœur et d'amante,…
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EndoumeDes chemins où l'on va plongeant dans la poussière Et réclamant en vain quelque ombrage sauveur ; Des coteaux dépouillés de glèbe nourricière, Des rocs blancs, dont l'éclat offense la paupière, Tant…
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En sortant du portBarque au mince flanc, légère coquille Qui t'engloutirais sous le premier grain, Que n'es-tu navire à puissante quille, Que n'es-tu vaisseau cuirassé d'airain ! Poursuis, te dirais-je, oh ! Poursuis…
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Épilogue« Ô vents, disaient les flots, quand nous laisserez-vous Dormir à notre gré d'un sommeil large et doux ? Trêve à la fin, trêve d'orages ! Laissez-nous refléter dans notre clair miroir Les matins…
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Falaises de Normandie« Voulez-vous de la mer connaître un vrai miracle, Disait-il; voulez-vous contempler un spectacle Que le poète ému cherche d'un pas fréquent ? Partez un jour, gagnez les côtes de Fécamp ; Sur la…
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HospitalitéLa villa, qui de haut regarde la vallée, Par le rideau des bois est à demi voilée. Autour d'elle, un massif de fleurs, des chants d'oiseaux, Et des conques de marbre où murmurent les eaux. En face,…
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HarmonieRegarde cette mer : pourquoi, d'un bleu limpide, Vois-tu s'étendre au loin ses lumineux réseaux ? A sa face, pourquoi nulle ombre, nulle ride ? C'est qu'un ciel clair et doux brille au-dessus des…
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La calanqueIls avaient tout un jour, assidus à leur tâche, Travaillé du marteau, du rabot, de la hache : Charpentiers d'aventure, ils rajustaient le flanc De leur chaloupe usée, au pont mince et branlant, Qui…
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La chanson d'avrilRenais, renais ; ouvre et déploie Ta robe de fleurs et d'air pur ; Tressaille d'amour et de joie, Ô terre antique où me renvoie Le Dieu qui règne dans l'azur ! Réveille-toi ! — sous l'hiver sombre…
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La chanson de juilletJe suis l'été riche et superbe, La saison des brûlants soleils, Jusqu'au genou, plongé dans l'herbe, Je me couronne d'une gerbe, Pleine de fleurs aux tons vermeils ! Que dans sa nuit, vieillard…
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La chanson d'octobreJ'ai reparu sur la colline Dans un nuage aux franges d'or, Je suis la beauté qui décline ; Mais, à mes charmes, on devine Que les cœurs me suivent encore ! Ce n'est plus la fraîche auréole, Ce n'est…
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La côte d'ItalieTe voilà donc enfin, toi si longtemps rêvée ! Des eaux que je sillonne enfin tu t'es levée, Italie, où tendaient mes vœux les plus constants ! Ô terre ! Terre antique et toujours si nouvelle,…
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La MajorSous le marteau brutal tu tombes pierre à pierre ; Avec indifférence un peuple destructeur Te dépèce, ô vieux temple, ô maison de prière, Qui ne suffisais plus à l'orgueil du pasteur ! Lorsque d'une…
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La mer morteA François-René de Chateaubriand Ô maître ! Ô voyageur, dont la voix souveraine Nous saisit et partout sur tes pas nous entraîne, Dont le poudreux bourdon brille plus à nos yeux Que dans la main des…
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La plage de Mont-RedonA C*** (En lui demandant les œuvres d'un poète.) Muse qui possédez au cœur ce saint trésor Dont le ciel généreux enrichit ceux qu'il aime, Lisez, lisez des vers ; mais plus souvent encore Écrivez-en…
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La table du bord de l'eau— Un jour enfin, disais-je, il faudrait le connaître Ce nouvel Archiloque, en rimes passé maître, Dont le vers, fabriqué dans un moule puissant, Comme un marteau d'airain, frappe en retentissant.…
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La vacheNous avions sur le pont, durant ce long voyage, Une vache au flanc roux qui, de son pur laitage, Abreuvait une femme et deux frêles jumeaux, Bercés dans un hamac par le roulis des eaux. Du vaste azur…
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La visteC'est elle, c'est la mer ! Enfin tu m'es rendue, Enfin je te revois, magnifique étendue, Ô mer, dont chaque flot luit comme un diamant ! Après tant de longs mois passés loin de ta rive, Je reviens,…
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La voix de la merNi nuage, ni vent, au ciel que ton œil sonde ! Vaste sérénité ! Pourtant, si le ciel dort, L'onde veille : là-bas, sous un cap, la mer gronde ; Ici, sur les cailloux, elle gazouille au bord. Comme…
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Le baptême du BourdonComme un globe de feu qui jaillit du cratère, Il est enfin sorti des fentes de la terre, Ce bronze qui dormait dans son moule natal. L'artiste, en détachant son argileuse écorce, A lui-même admiré…
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Le bouclier d'AchilleA l'œuvre, dis-tu, qui pour toi commence, Tu sens chanceler ta force et ta foi : Chanter l'Océan, la tâche est immense Et demanderait plus vaillant que toi ! Courage, poète ! Artiste, courage ! L'art…
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Le Cabin BoyDans un vaisseau qui des terres Fuit toujours le bord lointain, Sur les vagues solitaires Je naquis un beau matin. Le baptême d'une lame Répandue à triple seau Vint, dit-on, me laver l'âme Et le…
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Le délugePourquoi, d'une vague implacable, Vieil Océan, viens-tu toujours Battre de ta prison de sable Les indestructibles contours ? Ta perds ton temps, tu perds ta peine ; Ne vois-tu pas que cette arène A…
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Le feu d'épavesLa maison du pêcheur, qui près du flot s'élève, Entre ses murs étroits nous avait accueillis. C'était l'heure du soir, l'heure propice au rêve. La mer, sous une brise, arrivait à la grève En doux et…
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Le fond de l'OcéanSoufflez et mugissez, tristes vents de la nuit ! Sombres flots, déchirez et jetez à grand bruit Votre folle écume au rivage ! Penché vers vous, du bord de ces rocs frémissants, J'aspire dans mon âme…
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Le GomboHôtesse au doux accueil, reine d'une cabane ! Merci d'avoir voulu me montrer ce beau lieu, Désert où vous vivez, loin d'un monde profane, Avec la paix du cœur et les conseils de Dieu. Comme vous, je…
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Le lit de sableÔ flots ! De votre voix profonde, intarissable, Bercez un vieil ami revenu de si loin. Dans ce lit que mes mains ont creusé dans le sable, Donnez-moi, donnez-moi la paix dont j'ai besoin ! Me…
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Le mousseDepuis de longs jours, l'ouragan qui gronde Va nous emportant sur l'Océan noir, Bien loin de la rive où je vins au monde, Pour des maux que nul n'eût osé prévoir. Le mât du vaisseau, que bat la…
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Le pèlerinC'est le même sentier qui longe la colline : L'yeuse encore y pousse et la fraîche aubépine ; Et l'air qu'on y respire aux lisières du bois Brille aussi transparent, aussi pur qu'autrefois. Autrefois…
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Le phareParmi les noirs brisants où le flot tourbillonne, Le phare vers la nue élève sa colonne. Pilier de blocs massifs qu'unit un dur ciment, Il surgit, solitaire, ainsi qu'un monument. Des vagues, à ses…
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Le PradoEntre les caps d'azur qui dentèlent la Grèce Il en est un, que l'onde incessamment caresse, Et qu'en voguant vers lui tout pieux pèlerin Salue avec amour à l'horizon serein. Sunium ! Sunium ! dit-il,…
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Le rameau de pinC'est ici qu'oublieux des soucis que l'on porte Volontiers on s'arrête, à moitié du chemin. C'est ici qu'un vin clair égayé et réconforte : Ainsi l'indique au moins cette branche de pin Suspendue à…
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Le rêve qu'ils font tous« Presque un siècle entier sans courber ma tête A passé sur moi, vrai lion marin. Il faudrait pourtant prendre sa retraite, Et chercher à terre un abri serein ! Quand on a lassé, rude capitaine. Les…
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Les bancs de marbreSur les vertes hauteurs qui dominent la rade, De larges blocs de marbre au hasard sont couchés ; Forts débris que le temps péniblement dégrade, Et dont le vent polit les angles ébréchés. Ces…
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Les convivesAu bord du clair bassin qu'à peine un souffle ride, Eau pure où le regard jusqu'au sable descend, Dans sa fleur du matin, dans sa beauté candide, Rêvait la blonde enfant à l'œil tendre et limpide, Au…
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Les dernières feuillesLes mauvais jours venus, quand de sa robe verte Le bois a dispersé les guirlandes au vent ; Le long des parcs en deuil, quand la terre est couverte De feuillages criards que l'on foule en rêvant ;…
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Les funérailles de l'annéeLe soleil des beaux jours s'en va tout pâlissant ; Le nuage se mouille ; La sève des buissons languit et redescend ; Le jardin se dépouille ; Et voilà que l'année en son pâle cercueil Repose, froide…
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Les matelotsSouffle, souffle, bon vent ! Chasse-nous de la terre, Fais-nous bien vite fuir le rivage où s'altère La fierté du marin. A nous la haute mer ! À nous le bleu domaine Où la liberté vogue, où chacun se…
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Les nuits de NaplesAprès ces jours d'été dignes du ciel numide, Quand le soleil a fui sous l'occident en feu, Heureux qui vient, le soir, sur la falaise humide, Dilater ses poumons à l'air du golfe bleu ! Est-il parfum…
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Les OcéanidesSeul avec la douleur qui partout l'accompagne, Un soir que le poète errait sur la montagne, En regardant la mer déroulée au couchant, Un murmure, une voix lointaine, entrecoupée, L'atteignit... Son…
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Les premiers joursTandis qu'un reste d'ombre obscurcit les vallées, Et que la brume encore enveloppe les cieux, Derrière la montagne aux cimes dentelées ; Le soleil surgit radieux. C'est lui, c'est le soleil !…
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Les rameurs d'UlysseEn vain la nuit s'écoule, en vain le ciel se dore Des premiers doux rayons de la déesse Aurore, Sur la mer poissonneuse ils sont toujours errants. De leurs bras fatigués, rameurs assis en rangs, Sans…
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Les rivagesLa verte Normandie a sur ses promontoires De grands bœufs accroupis sur leurs épais genoux. Des bœufs au manteau blanc semé de taches noires, Des bœux aux flancs dorés, marqués de signes roux. Aux…
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Le travailPoète errant au bord de cette mer profonde, Suspens le pas et vois... vois ce que fait son onde : En fondant sur la grève elle y prend au hasard Quelque caillou grossier qui gisait à l'écart, De…
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L'étudeSous la treille, à midi, pendant que la maison Repose, et que les blés, jusques à l'horizon, Sous ce vent frais et doux qui chaque jour s'élève, Roulent comme des flots attirés par la grève, L'un…
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Le vergerAgile, adroit, — cheveux livrés aux folles brises, L'aîné de la famille, enfant de quatorze ans, Oublieux de l'école et des heures assises, Grimpe à cheval dans l'arbre aux longs rameaux luisants Où…
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L'héritier présomptifDans son berceau d'osier que l'aïeule balance, Regardez-le dormir, le tendre nourrisson. Nos fermiers sont deux fois heureux de sa naissance : C'est leur premier enfant, c'est leur premier garçon !…
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L'heure du sommeilSur son blanc chevet, belle, à demi nue, Elle parlait seule, et parlait tout bas : Du sommeil pour tous l'heure est revenue ; La lumière au loin s'endort sous la nue ; Pourquoi, faible cœur, seul ne…
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Mare velivolumOù vont ces vaisseaux aux vives allures Qui, sortant du port, nous disent adieu ? Où vont ces vaisseaux aux blanches voilures Que mon œil poursuit à l'horizon bleu ? Ils vont, dispersés sur les…
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Matinée de juinTant pis pour les beaux yeux que le sommeil tient clos, Pour tous les indolents dont la nuit se prolonge : Ils ne connaîtront pas, si beau que soit leur songe, Ce spectacle enchanté du matin sur les…
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Matinée de novembreLes brouillards sont venus, dont l'humide manteau Charge dès le matin la plaine et le coteau : Pâle et froide vapeur qu'à peine un rayon perce. Les feuilles que l'eau trempe et qu'un souffle…
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MaturitéJule ! Heureux compagnon, dont le style aux beaux jours Ne respirait que joie et que folles amours, Sais-tu que maintenant ta prose, ô mon artiste, Exhale un son nouveau qui m'étonne et m'attriste !…
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Mer calmeIl est nuit : la mer dans son lit repose, Assoupie au loin si tranquillement Que pas une brise à cette heure n'ose Troubler d'un baiser son recueillement. Sans murmure aucun, sans aucune ride,…
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MigrationsLe navire à son flanc met l'escalier mobile. Il attend près du môle, en dehors de la ville, Les hôtes inconnus qui, rangés sous ses mâts, S'en iront, dès ce soir, vers de lointains climats. Le long…
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NostalgieEncore un jour de brume, encore un jour de pluie, Un jour de solitude au coin d'un pâle feu ! Depuis un mois, Paris qu'aucun soleil n'essuie Grelotte, et, l'œil tourné vers ses toits noirs de suie,…
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Notre-Dame de la GardeVierge au front étoilé ! Reine sainte ! Madone Douce à tout affligé dans ce vallon de pleurs ! Que partout, qu'à jamais le cantique résonne Qui te nomme, ici-bas, Mère des Sept Douleurs ! Dans…
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Nuit de maiAu couchant lumineux quand le jour se replie, Qu'une planète au ciel déjà peut s'entrevoir, Il fait bon, couple errant sur une onde assouplie, De respirer à deux l'air embaumé du soir, De saluer…
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Oui, j'aimai, je chantaiA madame Élyse de G*** Oui, j'aimai, je chantai, dès ma saison première, Ce fluide élément, Ces espaces d'azur où l'âme, heureuse et fière, Plane si librement. Oui, le mouvant tableau de cette onde…
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PréludeNous sommes les vagues profondes Où les yeux plongent vainement ; Nous sommes les flots et les ondes Qui déroulent autour des mondes Leur manteau d'azur écumant ! Une âme immense en nous respire,…
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Près du cap de la Hève« A quoi songes-tu donc de t'engourdir ainsi ? Serais-tu désormais à ce point radouci, Géant qu'on disait si farouche ? Depuis plus d'un long mois, à quoi donc penses-tu D'être là, somnolent, de…
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PromenadeVous qu'à mon côté ma barque balance, Regardez là-haut ce firmament bleu, Magnifique espace où l'âme s'élance Et monte en chantant jusqu'aux pieds de Dieu ! Vous qu'à mon côté berce ma nacelle,…
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Pulchra NimisDans la rade où se joue une brise odorante, Aujourd'hui je voguais, au retour de Sorrente. Je rapportais à Naples un radieux butin, Un beau thyrse de fleurs écloses du matin, Merveilles de ces bords,…
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RenaissanceHier, la nue encore avait de sombres teintes, La plaine était dans l'ombre et les cimes éteintes ; Et la forêt qui dort, mélancolique à voir, Découpait sur le ciel son réseau dur et noir. Tout…
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RencontreIl est aux bords déserts du canal Mozambique Une lisière étroite aux pentes du rocher, Un rivage sans nom, d'aspect morne et tragique, Dont les vaisseaux en mer n'osent pas approcher. Comme un rideau…
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San SalvadourLes rivages à pic descendent à la mer. Leurs sommets, rafraîchis par un zéphyr amer, Portent tout un fouillis de grands bois ou d'arbustes ; Lentisques, châtaigniers, pins verts, chênes augustes ! La…
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ScherzoJ'ai cueilli le lis, J'ai cueilli la rose ; Je les ai cueillis, Et je les dépose A vos pieds de rose, A vos pieds de lis ! Des fleurs de la lande J'ai fait mon butin ; J'ai fait ma guirlande Des…
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SelkirkA Bristol, sur le quai, le nom de Lion rouge Désigne un lieu connu de tous les gens de mer : Taverne du nommé Walkins, honnête bouge, Où l'aie est sans pareille et ne coûte pas cher. Cent marins…
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Sur une plage du LatiumLa nuit descend ; la mer, dont je longe la plage, Blanchit sur les galets à grand bruit charriés. Sifflant une chanson de farouche présage, Le vent froisse ma tempe, et me lance au visage La…
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TempêteTout regard se perd, tant la brume est noire ; Il ne fut jamais plus aveugle nuit : Au sein du néant je pourrais me croire, Si je n'entendais un immense bruit. Cette voix, ô mer ! C'est ta voix qui…
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Veillée nuptialeLe vallon fait silence : un vent agite à peine La feuille qui parfois tremble et s'éveille encore. Le bruit seul des ruisseaux s'élève de la plaine, Et, là-haut, dans les airs pleins de leur fraîche…
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Vers la Saint-JeanNous touchons à juillet, premier des mois brûlants, Et la journée enfin se retire à pas lents. Après l'ardent soleil, qui là-bas traîne encore, Vient la nuit, cette nuit, faite à moitié d'aurore, Qui…
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Voyage au pôle arctiqueA travers le damas de sa fenêtre close, Un rayon pénétrait, un rayon tiède et rose ; Il dorait son alcôve aux murs de blanc satin. Elle se souleva du chevet de dentelle, Et, l'œil sur le cadran :…
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