Tous les poèmes
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Les hiboux
Sous les ifs noirs qui les abritent, Les hiboux se tiennent rangés, Ainsi que des dieux étrangers, Dardant leur oeil rouge. Ils méditent. Sans remuer ils se tiendront Jusqu'à l'heure mélancolique Où,…1857 -
Les horizons
L'horizon s'étend libre au loin, laissant l'espace Étaler la splendeur de son immensité ; Il a beau déployer un orbe illimité , Quelque vaste qu'il soit, notre âme le dépasse. Rien n'a plus sa figure…1866 -
Les imprécations d'une Cariatide
Puisse le Dieu vivant dessécher la paupière À qui m'a mise là vivante sous la pierre, Et, comme un enfant porte un manteau de velours, M'a forcée à porter ces édifices lourds, Ces vieux murs en…1842 -
Les incomplets
Tu sens profondément et le bon et le beau, Et la haine et l'amour, la nature et la vie ; Et si l'art devant toi les reproduit, ravie Ton âme resplendit comme un soleil nouveau ; — Mais si, clavier…1854 -
Les indolents
Bah ! malgré les destins jaloux, Mourons ensemble, voulez-vous ? — La proposition est rare. — Le rare est bon. Donc mourons Comme dans les Décamérons. — Hi ! hi ! hi ! quel amant bizarre ! — Bizarre,…1869 -
Les infidèles
Je t'aime, en attendant mon éternelle épouse, Celle qui doit venir à ma rencontre un jour, Dans l'immuable éden, loin de l'ingrat séjour Où les prés n'ont de fleurs qu'à peine un mois sur douze. Je…1875 -
Les infinis
Vertigineux géant du désert qu'il écrase, La tête dans l'azur et le pied dans la mer, Le mont découpe, ardent, sous le dôme de l'air, Son farouche horizon de chaos en extase. Le vide où, par…1899 -
Les joncs
Sous le doux vent échappé Des champs de trèfle coupé Dans les lointains escarpés. Calmes sous la pure haleine, Les joncs frémissent à peine. Leur tige au-dessus de l'onde Qui chante, la vagabonde,…1912 -
Les joujoux de la morte
La petite Marie est morte, Et son cercueil est si peu long Qu'il tient sous le bras qui l'emporte Comme un étui de violon. Sur le tapis et sur la table Traîne l'héritage enfantin. Les bras ballants,…1852 -
Les jours dorés sont longs
A s'endormir dans les vallées ; Les massifs d'arbres sont moins blonds D'où la clarté s'en est allée ; Mais il traîne sur les rameaux Comme une vapeur de lumière Et la nature tout entière A l'air de… -
Les langues
Le russe est froid, presque cruel, L'allemand chuinte ses consonnes ; Italie, en vain tu résonnes De ton baiser perpétuel. Dans l'anglais il y a du miel, Des miaulements de personnes Qui se disent… -
Les larmes de Saint Pierre
Au Roi Henri III. 1587. Ce n'est pas en mes vers qu'une amante abusée Des appas enchanteurs d'un parjure Thésée, Après l'honneur ravi de sa pudicité, Laissée ingratement en un bord solitaire, Fait de…