Tous les poèmes
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J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans
Un gros meuble à tiroirs encombré de bilans, De vers, de billets doux, de procès, de romances, Avec de lourds cheveux roulés dans des quittances, Cache moins de secrets que mon triste cerveau. C'est…1857 -
J'ai presque peur, en vérité
Tant je sens ma vie enlacée À la radieuse pensée Qui m'a pris l'âme l'autre été, Tant votre image, à jamais chère, Habite en ce coeur tout à vous, Mon cœur uniquement jaloux De vous aimer et de vous…1872 -
J'ai rêvé de toi cette nuit
Tu te pâmais en mille poses Et roucoulais des tas de choses... Et moi, comme on savoure un fruit, Je te baisais à bouche pleine Un peu partout, mont, val ou plaine. J'étais d'une élasticité, D'un…1891 -
J'ai tout donné pour rien
Or çà, la belle fille, Ouvrez cette mantille ! C'est trop de cruauté ; Faites-nous cette joie Que pleinement on voie Toute votre beauté. Apprenez-le, mignonne, Quand le bon Dieu vous donne Un corps… -
J'ai vu le Diable, l'autre nuit
Contrerime L. Et, dessous sa pelure, Il n'est pas aisé de conclure S'il faut dire : Elle, ou : Lui. Sa gorge, - avait l'air sous la faille, De trembler de désir : Tel, aux mains prés de le saisir, Un…1921 -
J'ai vu pendant trois jours de haine
L'eau refléter des feux et charrier des morts Dans une grande et noble ville. Le tisserand, par l'ombre et la faim énervé, De son dernier métier brûlé sur le pavé Attisait la guerre civile. Le soldat… -
J'ai, toute cette nuit, rêvé
J'ai, toute cette nuit, ferme et tête baissée, Écrit, rêvé,... c'est bien, et je vais m'endormir ; Je suis content de moi ! La nuit s'est effacée : C'est l'aurore ; mes yeux voient ma lampe pâlir.…1867 -
J'aime la liberté, et languis en service
Sonnet XXXIV. Je n'aime point la cour, et me faut courtiser, Je n'aime la feintise, et me faut déguiser, J'aime simplicité, et n'apprends que malice ; Je n'adore les biens, et sers à l'avarice, Je…1558 -
J'aime le souvenir de ces époques nues
Dont Phoebus se plaisait à dorer les statues. Alors l'homme et la femme en leur agilité Jouissaient sans mensonge et sans anxiété, Et, le ciel amoureux leur caressant l'échine, Exerçaient la santé de…1857 -
J'aime qui m'aime
Et non pourtant, je ne hais rien, Mais voudrait que tout fut bien, À l'ordonnance de Raison. Je parle trop, las ! se fait mon ! Au fort, en ce propos me tient : Et non pourtant je ne hais rien. De… -
J'allais par des chemins perfides
Douloureusement incertain. Vos chères mains furent mes guides. Si pâle à l'horizon lointain Luisait un faible espoir d'aurore ; Votre regard fut le matin. Nul bruit, sinon son pas sonore,…1872 -
J'arrive où je suis étranger
Rien n'est précaire comme vivre Rien comme être n'est passager C'est un peu fondre pour le givre Et pour le vent être léger Un jour tu passes la frontière D'où viens-tu mais où vas-tu donc Demain…1944