L'aveugle
Un aveugle au coin d'une borne, Hagard comme au jour un hibou, Sur son flageolet, d'un air morne, Tâtonne en se trompant de trou, Et joue un ancien vaudeville Qu'il fausse imperturbablement ; Son chien le conduit par la ville, Spectre diurne à l'oeil dormant. Les jours sur lui passent sans luire ; Sombre, il entend le monde obscur, Et la vie invisible bruire Comme un torrent derrière un mur ! Dieu sait quelles chimères noires Hantent cet opaque cerveau ! Et quels illisibles grimoires L'idée écrit en ce caveau ! Ainsi dans les puits de Venise, Un prisonnier à demi fou, Pendant sa nuit qui s'éternise, Grave des mots avec un clou. Mais peut-être aux heures funèbres, Quand la mort souffle le flambeau, L'âme habituée aux ténèbres Y verra clair dans le tombeau !
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Pour prolonger la lecture
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Solitude
"Je sais une chapelle horrible et diffamée,"
Mort
Solitude
Condition humaine
Frissonnants à tous vents d'orage
"Frissonnants à tous vents d'orage ;"
Mort
Mémoire
Condition humaine
Ville morte
"Vague, perdue au fond des sables monotones,"
Mort
Temps
Condition humaine
Se laisser surprendre
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