Sonnet (IV)
Ah ! longues nuicts d'hyver, de ma vie bourrelles, Donnez-moy patience, et me laissez dormir ! Vostre nom seulement, et suer et fremir Me fait par tout le corps, tant vous m'estes cruelles. Le sommeil tant soit peu n'évente de ses ailes Mes yeux tousjours ouverts, et ne puis affermir Paupiere sur paupiere, et ne fais que gemir, Souffrant comme Ixion des peines eternelles. Vieille ombre de la terre, ainçois ombre d'enfer, Tu m'as ouvert les yeux d'une chaine de fer, Me consumant au lict. navré de mille pointes ; Pour chasser mes douleurs ameine-moy la mort ; Hà Mort ! le port commun, des hommes le confort, Viens enterrer mes maux, je t'en prie à mains jointes.
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