Sonnet (I)
Je n'ay plus que les os, un squelete je semble,
Decharné, denervé, demusclé, depoulpé,
Que le trait de la mort sans pardon a frappé ;
Je n'ose voir mes bras que de peur je ne tremble.
Apollon et son fils, deux grands maistres ensemble,
Ne me sçauroient guerir, leur mestier m'a trompé ;
Adieu plaisant soleil ! mon œil est estoupé,
Mon corps s'en va descendre où tout se desassemble.
Quel amy me voyant en ce poinct dépouillé,
Ne remporte au logis un œil triste et mouillé,
Me consolant au lict, et me baisant la face,
En essuyant mes yeux par la mort endormis ?
Adieu, chers compagnons ! adieu, mes chers amis !
Je m'en vay le premier vous préparer la place.
Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire
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Pour prolonger la lecture
Choisis pour leur proximité de ton, de thème ou de voix.
Marie, qui voudrait votre beau nom tourner
"Il trouverait Aimer : aimez-moi donc, Marie,"
Amour
Condition humaine
Désir
Marie, baisez-moi ; non, ne me baisez pas
"Mais tirez-moi le coeur de votre douce haleine ;"
Amour
Condition humaine
Larmes
Si la perte des tiens, si les pleurs de ta mère
"Sonnet CIII."
Condition humaine
Deuil
Larmes
Se laisser surprendre
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