Guillaume Apollinaire
Poèmes de Guillaume Apollinaire (110)
Classés par titre (A–Z).
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AnnieSur la côte du Texas Entre Mobile et Galveston il y a Un grand jardin tout plein de roses Il contient aussi une villa Qui est une grande rose Une femme se promène souvent Dans le jardin toute seule…
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Aubade chantée à Lætare un an passéC'est le printemps viens-t'en Pâquette Te promener au bois joli Les poules dans la cour caquètent L'aube au ciel fait de roses plis L'amour chemine à ta conquête Mars et Vénus sont revenus Ils…
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Beaucoup de ces dieux ont périC'est sur eux que pleurent les saules Le grand Pan l'amour Jésus-Christ Sont bien morts et les chats miaulent Dans la cour je pleure à Paris Moi qui sais des lais pour les reines Les complaintes de…
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ClotildeL'anémone et l'ancolie Ont poussé dans le jardin Où dort la mélancolie Entre l'amour et le dédain Il y vient aussi nos ombres Que la nuit dissipera Le soleil qui les rend sombres Avec elles…
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CortègeÀ M. Léon Bailby. Oiseau tranquille au vol inverse oiseau Qui nidifie en l'air À la limite où notre sol brille déjà Baisse ta deuxième paupière la terre t'éblouit Quand tu lèves la tête Et moi aussi…
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CrépusculeÀ Mademoiselle Marie Laurencin. Frôlée par les ombres des morts Sur l'herbe où le jour s'exténue L'arlequine s'est mise nue Et dans l'étang mire son corps Un charlatan crépusculaire Vante les tours…
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La Chanson du mal-aiméÀ Paul Léautaud. Et je chantais cette romance En 1903 sans savoir Que mon amour à la semblance Du beau Phénix s'il meurt un soir Le matin voit sa renaissance. Un soir de demi-brume à Londres Un voyou…
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La maison des mortsÀ Maurice Raynal. S'étendant sur les côtes du cimetière La maison des morts l'encadrait comme un cloître À l'intérieur de ses vitrines Pareilles à celles des boutiques de modes Au lieu de sourire…
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Le Pont MirabeauSous le pont Mirabeau coule la Seine Et nos amours Faut-il qu'il m'en souvienne La joie venait toujours après la peine. Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure. Les mains dans les…
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Les ColchiquesLe pré est vénéneux mais joli en automne Les vaches y paissant Lentement s'empoisonnent Les colchiques couleur de cerne et de lilas Y fleurit tes yeux sont comme cette fleur-là Violâtres comme leur…
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Les Sept ÉpéesLa première est toute d'argent Et son nom tremblant c'est Pâline Sa lame un ciel d'hiver neigeant Son destin sanglant gibeline Vulcain mourut en la forgeant La seconde nommée Noubosse Est un bel…
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MarizibillDans la Haute-Rue à Cologne Elle allait et venait le soir Offerte à tous en tout mignonne Puis buvait lasse des trottoirs Très tard dans les brasseries borgnes Elle se mettait sur la paille Pour un…
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PalaisÀ Max Jacob. Vers le palais de Rosemonde au fond du Rêve Mes rêveuses pensées pieds nus vont en soirée Le palais don du roi comme un roi nu s'élève Des chairs fouettées des roses de la roseraie On…
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Réponse des Cosaques ZaporoguesPlus criminel que Barrabas Cornu comme les mauvais anges Quel Belzébuth es-tu là-bas Nourri d'immondice et de fange Nous n'irons pas à tes sabbats Poisson pourri de Salonique Long collier des…
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Voie lactée (1)Voie lactée ô sœur lumineuse Des blancs ruisseaux de Chanaan Et des corps blancs des amoureuses Nageurs morts suivrons-nous d'ahan Ton cours vers d'autres nébuleuses Regret des yeux de la putain Et…
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Voie lactée (2)Voie lactée ô sœur lumineuse Des blancs ruisseaux de Chanaan Et des corps blancs des amoureuses Nageurs morts suivrons-nous d'ahan Ton cours vers d'autres nébuleuses Les démons du hasard selon Le…
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À l’ItalieÀ Ardengo Soffici. L’amour a remué ma vie comme on remue la terre dans la zone des armées J’atteignais l’âge mûr quand la guerre arriva Et dans ce jour d’août 1915 le plus chaud de l’année Bien…
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1909La dame avait une robe En ottoman violine Et sa tunique brodée d’or Était composée de deux panneaux S’attachant sur l’épaule Les yeux dansants comme des anges Elle riait elle riait Elle avait un…
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À la partie la plus gracieuseToi qui regardes sans sourire Et de face en tournant le dos Tu me sembles un beau navire Voiles dehors… et quels dodos Promet cet édredon de neige Neige rose de Mézidon ! Å Mars et Vénus, le…
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A la SantéI Avant d’entrer dans ma cellule Il a fallu me mettre nu Et quelle voix sinistre ulule Guillaume qu’es-tu devenu Le Lazare entrant dans la tombe Au lieu d’en sortir comme il fit Adieu Adieu chantante…
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À NîmesJe me suis engagé sous le plus beau des cieux Dans Nice la Marine au nom victorieux Perdu parmi 900 conducteurs anonymes Je suis un charretier du neuf charroi de Nîmes L’Amour dit Reste ici Mais…
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À travers l’EuropeA M. Ch. Rotsoge Ton visage écarlate ton biplan transformable en hydroplan Ta maison ronde où il nage un hareng saur Il me faut la clef des paupières Heureusement que nous avons vu M Panado Et nous…
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À mon TierceletTerrible Aquilan de Mayogre, Il me faudrait un petit noc Car j’ai faim d’amour comme un ogre Et je ne trouve qu’un faucon !! Courmelois, le 23 juin 1915
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AdieuL’amour est libre il n’est jamais soumis au sort O Lou le mien est plus fort encor que la mort Un cœur le mien te suit dans ton voyage au Nord Lettres Envoie aussi des lettres ma chérie On aime en…
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Agent de liaisonLe 12 avril 1915 tormoha L’ombre d’un homme et d’un cheval au galop se profile sur le mur Ô sons Harmonie Hymne de la petite église bombardée tous les jours Un harmonium y joue et l’on n’y chante pas…
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Allons plus viteEt le soir vient et les lys meurent Regarde ma douleur beau ciel qui me l’envoies Une nuit de mélancolie Enfant souris ô sœur écoute Pauvres marchez sur la grand-route Ô menteuse forêt qui surgis à…
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Amour-roiAmour-roi Dites-moi La si belle Colombelle Infidèle Qu’on appelle Petit Lou Dites où Donc est-elle Et chez qui — Mais chez Gui Courmelois, le 23 avril 1915
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ArbreA Frédéric Boutet. Tu chantes avec les autres tandis que les phonographes galopent Où sont les aveugles où sont-ils allés La seule feuille que j’aie cueillie s’est changé en plusieurs mirage Ne…
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Au soleilAu soleil J’ai sommeil Lou je t’aime Mon poème Te redit Ce lundi Que je t’aime Lou Loulou Me regarde Ce ptit loup Se hasarde A venir Voir courir Sur ma lettre Le crayon Voudrais être Un rayon Qui…
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Au prolétaireÔ captif innocent qui ne sais pas chanter Écoute en travaillant tandis que tu te tais Mêlés aux chocs d’outils les bruits élémentaires Marquent dans la nature un bon travail austère L’aquilon juste…
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AutomneDans le brouillard s’en vont un paysan cagneux Et son boeuf lentement dans le brouillard d’automne Qui cache les hameaux pauvres et vergogneux Et s’en allant là-bas le paysan chantonne Une chanson…
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Bientôt bientôtBientôt bientôt finira l’oût Reverrai-je mon ptit Lou ? Mais nous voici vers la mi-août Ton chat dirait-il « miaou » En me voyant ou bien « coucou !!!» Et mon cœur pend-il à ton cou ? Dieu ! qu’il…
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AquarellisteÀ Mademoiselle Yvonne M… Yvonne sérieuse au visage pâlot A pris du papier blanc et des couleurs à l’eau Puis rempli ses godets d’eau claire à la cuisine. Yvonnette aujourd’hui veut peindre. Elle…
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Automne maladeAutomne malade et adoré Tu mourras quand l’ouragan soufflera dans les roseraies Quand il aura neigé Dans les vergers Pauvre automne Meurs en blancheur et en richesse De neige et de fruits mûrs Au…
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C’estC’est la réalité des photos qui sont sur mon cœur que je veux Cette réalité seule, elle seule, et rien d’autre Mon cœur le répète sans cesse comme une bouche d’orateur et le redit À chaque battement…
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Chant de l’honneurLE POETE Je me souviens ce soir de ce drame indien Le Chariot d’Enfant un voleur y survient Qui pense avant de faire un trou dans la muraille Quelle forme il convient de donner à l’entaille Afin que…
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Chevaux de frisePendant le blanc et nocturne novembre Alors que les arbres déchiquetés par l’artillerie Vieillissaient encore sous la neige Et semblaient à peine des chevaux de frise Entourés de vagues de fils de…
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ChantreEt l’unique cordeau des trompettes marines
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Chef de sectionMa bouche aura des ardeurs de géhenne Ma bouche te sera un enfer de douceur et de séduction Les anges de ma bouche trôneront dans ton cœur Les soldats de ma bouche te prendront d’assaut Les prêtres…
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Carte postaleJe t’écris de dessous la tente Tandis que meurt ce jour d’été Où floraison éblouissante Dans le ciel à peine bleuté Une canonnade éclatante Se fane avant d’avoir été
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Clair de LuneLune mellifluente aux lèvres des déments Les vergers et les bourgs cette nuit sont gourmands Les astres assez bien figurent les abeilles De ce miel lumineux qui dégoutte des treilles Car voici que…
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Cors de ChasseNotre histoire est noble et tragique Comme le masque d’un tyran Nul drame hasardeux ou magique Aucun détail indifférent Ne rend notre amour pathétique Et Thomas de Quincey buvant L’opium poison doux…
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Con large comme un estuaireCon large comme un estuaire Où meurt mon amoureux reflux Tu as la saveur poissonnière l’odeur de la bite et du cul La fraîche odeur trouduculière Femme ô vagin inépuisable Dont le souvenir fait…
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Cote 146Plus de fleurs mais d’étranges signes Gesticulant dans les nuits bleues Dans une adoration suprême, mon beau ptit Lou, que tout mon être pareil aux nuages bas de juillet s’incline devant ton souvenir…
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C’est l’hiverC’est l’hiver et déjà j’ai revu des bourgeons Aux figuiers dans les clos Mon amour nous bougeons Vers la paix ce printemps de la guerre où nous sommes Nous sommes bien Là-bas entends le cri des…
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C’est le siffletC’est le sifflet dont je me sers Sur le théâtre de la guerre Pour siffler les Boches en Vers En Prose et de toute manière Et que Lou siffle en ce sifflet Pour appeler son grand Toutou, À Gui l’An…
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Dans un café à NîmesVous partez ? — Oui ! c’est pour ce soir — Où allez-vous ? Reims ou Belgique ! Mon voyage est un grand [trou] noir À travers notre République C’est tout ce que j’en peux savoir — Y fûtes-vous ? —…
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DésirMon désir est la région qui est devant moi Derrière les lignes boches Mon désir est aussi derrière moi Après la zone des armées Mon désir c’est la butte du Mesnil Mon désir est là sur quoi je tire De…
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EnfanceAu jardin des cyprès je filais en rêvant, Suivant longtemps des yeux les flocons que le vent Prenait à ma quenouille, ou bien par les allées Jusqu’au bassin mourant que pleurent les saulaies Je…
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ÉpigrammeMon adorable jardinière Toi qui voudrais savoir pourquoi Nul ne tape sur ton derrière Ne sait-tu donc pas comme moi Qu’il ne faut pas battre une femme Et même avec une Fleur Rare… Oui, Madame Secteur…
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Guirlande de LouJe fume un cigare à Tarascon en humant un café Des goumiers en manteau rouge passent près de l’hôtel des Empereurs Le train qui m’emporta t’enguirlandait de tout mon souvenir nostalgique Et ces roses…
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Et prends bien garde aux ZeppelinsEt prends bien garde aux Zeppelins Aux Zeppelins de toute sorte Ceux des Boches sont pas malins Ceux des Français sont bien plus pleins Et prends bien garde aux Zeppelins Chaque officier français en…
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En allant chercher des obusToi qui précèdes le long convoi qui marche au pas Dans la nuit claire… Les testicules pleins, le cerveau tout empli d’images neuves… Le sergent des riz pain de sel qui jette l’épervier dans le canal…
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Au lac de tes yeuxAu lac de tes yeux très profond Mon pauvre coeur se noie et fond Là le défont Dans l’eau d’amour et de folie Souvenir et Mélancolie Nîmes, le 18 décembre 1914
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HôtelsLa chambre est veuve Chacun pour soi Présence neuve On paye au mois Le patron doute Payera-t-on Je tourne en route Comme un toton Le bruit des fiacres Mon voisin laid Qui fume un âcre Tabac anglais Ô…
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Fusée-signalDes villages flambaient dans la nuit intérieure Une fermière conduit son auto sur une route vers Galveston Qui a lancé cette fusée-signal Néanmoins tu feras bien de tenir la porte ouverte Et puis le…
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IbisOui, j’irai dans l’ombre terreuse Ô mort certaine, ainsi soit-il ! Latin mortel, parole affreuse, Ibis, oiseau des bords du Nil.
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Il y aIl y a des petits ponts épatants Il y a mon cœur qui bat pour toi Il y a une femme triste sur la route Il y a un beau petit cottage dans un jardin Il y a six soldats qui s’amusent comme des fous Il y…
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Je pense à toi mon LouJe pense à toi mon Lou ton cœur est ma caserne Mes sens sont tes chevaux ton souvenir est ma luzerne Le ciel est plein ce soir de sabres d’éperons Les canonniers s’en vont dans l’ombre lourds et…
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Je rêve de revoirJe rêve de revoir mon ptit Lou pour toujours Ô nuances des frondaisons pendants les matins lourds Creux où joue le jour comme aux cassures d’un velours Ô temps, souffre qu’en moi-même je retourne en…
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Je t’écris ô mon LouJe t’écris ô mon Lou de la hutte en roseaux Où palpitent d’amour et d’espoir neuf coeurs d’hommes Les canons font partir leurs obus en monômes Et j’écoute gémir la forêt sans oiseaux Il était une…
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Jolie bizarre enfant chérieJolie bizarre enfant chérie Je vois tes doux yeux langoureux Mourir peu à peu comme un train qui entre en gare Je vois tes seins, tes petits seins au bout rose Comme ses perles de Formose Que j’ai…
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Je t’adore mon LouJe t’adore mon Lou et par moi tout t’adore Les chevaux que je vois s’ébrouer aux abords L’appareil des monuments latins qui me contemplent Les artilleurs vigoureux qui dans leur caserne rentrent Le…
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L’AdieuJ’ai cueilli ce brin de bruyère L’automne est morte souviens-t’en Nous ne nous verrons plus sur terre Odeur du temps brin de bruyère Et souviens-toi que je t’attends
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L’amour, le dédain et l’espéranceJe t’ai prise contre ma poitrine comme une colombe qu’une petite fille étouffe sans le savoir Je t’ai prise avec toute ta beauté ta beauté plus riche que tous les placers de la Californie ne le…
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L’attenteOn attend le moment de gagner la victoire On espère l’amour, on espère la gloire On cueille des lilas Derniers lilas pareils à des baisers très las On attends des baisers plus doux que cette lune Et…
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L’avionFrançais, qu’avez-vous fait d’Ader l’aérien ? Il lui restait un mot, il n’en reste plus rien. Quand il eut assemblé les membres de l’ascèse Comme ils étaient sans nom dans la langue française Ader…
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L’adieu du cavalierAh Dieu ! que la guerre est jolie Avec ses chants ses longs loisirs Cette bague que j’ai polie Le vent se mêle à vos soupirs Adieu ! voici le boute-selle Il disparut dans un tournant Et mourut là-bas…
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L’AvenirSoulevons la paille Regardons la neige Écrivons des lettres Attendons des ordres Fumons la pipe En songeant à l’amour Les gabions sont là Regardons la rose La fontaine n’a pas tari Pas plus que l’or…
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L’ÉléphantComme un éléphant son ivoire, J’ai en bouche un bien précieux. Pourpre mort !.. J’achète ma gloire Au prix des mots mélodieux.
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L’ErmiteUn ermite déchaux près d’un crâne blanchi Cria Je vous maudis martyres et détresses Trop de tentations malgré moi me caressent Tentations de lune et de logomachies Trop d’étoiles s’enfuient quand je…
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L’émigrant de Landor RoadÀ André Billy Le chapeau à la main il entra du pied droit Chez un tailleur très chic et fournisseur du roi Ce commerçant venait de couper quelques têtes De mannequins vêtus comme il faut qu’on se…
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L’écrevisseIncertitude, ô mes délices Vous et moi nous nous en allons Comme s’en vont les écrevisses, À reculons, à reculons.
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La blanche neigeLes anges les anges dans le ciel L’un est vêtu en officier L’un est vêtu en cuisinier Et les autres chantent Bel officier couleur du ciel Le doux printemps longtemps après Noël Te médaillera d’un…
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La carpeDans vos viviers, dans vos étangs, Carpes, que vous vivez longtemps ! Est-ce que la mort vous oublie, Poissons de la mélancolie.
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La ceintureLa muse Depuis longtemps déjà je t’ai laissé tout seul Cependant me voici t’apportant mon mensonge Poète sois joyeux tu sembles un linceul Regarde-moi c’est moi je ne suis pas un songe Le poète Ô…
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La chenilleLe travail mène à la richesse. Pauvres poètes, travaillons ! La chenille en peinant sans cesse Devient le riche papillon.
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La DameToc toc Il a fermé sa porte Les lys du jardin sont flétris Quel est donc ce mort qu’on emporte Tu viens de toquer à sa porte Et trotte trotte Trotte la petite souris
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La FrancePoète honore-là Souci de la Beauté non souci de la Gloire Mais la Perfection n’est-ce pas la Victoire Ô poètes des temps à venir ô chanteurs Je chante la beauté de toutes nos douleurs J’en ai saisi…
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La colombeColombe, l’amour et l’esprit Qui engendrâtes Jésus-Christ, Comme vous j’aime une Marie. Qu’avec elle je me marie.
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La LoreleyÀ Bacharach il y avait une sorcière blonde Qui laissait mourir d’amour tous les hommes à la ronde Devant son tribunal l’évêque la fit citer D’avance il l’absolvit à cause de sa beauté Ô belle Loreley…
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La fumée de la cantineLa fumée de la cantine est comme la nuit qui vient Voix hautes ou graves le vin saigne partout Je tire ma pipe libre et fier parmi mes camarades Ils partirons avec moi pour les champs de bataille Ils…
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La mésangeLes soldats s’en vont lentement Dans la nuit trouble de la ville. Entends battre mon cœur d’amant. Ce cœur en vaut bien plus de milles Puisque je t’aime éperdument. Je t’aime éperdument, ma chère,…
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La moucheNos mouches savent des chansons Que leur apprirent en Norvège Les mouches ganiques qui sont Les divinités de la neige.
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La nuitLa nuit S’achève Et Gui Poursuit Son rêve Où tout Est Lou On est en guerre Mais Gui N’y pense guère La nuit S’étoile et la paille se dore Il songe à Celle qu’il adore Nuit du 27 avril 1915
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La pucePuces, amis, amantes même, Qu’ils sont cruels ceux qui nous aiment ! Tout notre sang coule pour eux. Les bien-aimés sont malheureux.
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La porteLa porte de l’hôtel sourit terriblement Qu’est-ce que cela peut me faire ô ma maman D’être cet employé pour qui seul rien n’existe Pi-mus couples allant dans la profonde eau triste Anges frais…
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La sauterelleVoici la fine sauterelle, La nourriture de saint Jean. Puissent mes vers être comme elle, Le régal des meilleures gens.
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La tortueDu Thrace magique, ô délire ! Mes doigts sûrs font sonner la lyre. Les animaux passent aux sons De ma tortue, de mes chansons.
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La synagogueOttomar Scholem et Abraham Loeweren Coiffés de feutres verts le matin du sabbat Vont à la synagogue en longeant le Rhin Et les coteaux où les vignes rougissent là-bas Ils se disputent et crient des…
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Le boeufCe chérubin dit la louange Du paradis, où, près des anges, Nous revivrons, mes chers amis, Quand le bon Dieu l’aura permis.
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La TziganeLa tzigane savait d’avance Nos deux vies barrées par les nuits Nous lui dîmes adieu et puis De ce puits sortit l’Espérance L’amour lourd comme un ours privé Dansa debout quand nous voulûmes Et…
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La SourisBelles journées, souris du temps, Vous rongez peu à peu ma vie. Dieu ! Je vais avoir vingt-huit ans, Et mal vécus, à mon envie.
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Le BrasierJ’ai jeté dans le noble feu Que je transporte et que j’adore De vives mains et même feu Ce Passé ces têtes de morts Flamme je fais ce que tu veux Le galop soudain des étoiles N’étant que ce qui…
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Le ChatJe souhaite dans ma maison : Une femme ayant sa raison, Un chat passant parmi les livres, Des amis en toute saison Sans lesquels je ne peux pas vivre.
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Le ciel est étoiléI Le ciel est étoilé par les obus des Boches La forêt merveilleuse où je vis donne un bal La mitrailleuse joue un air à triples croches Mais avez-vous le mot — Mais oui le mot fatal — Aux créneaux…
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Le chevalMes durs rêves formels sauront te chevaucher, Mon destin au char d’or sera ton beau cocher Qui pour rênes tiendra tendus à frénésie, Mes vers, les parangons de toute poésie.
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Le CondorCet oiseau s’appelle condor. Et que les filles ne l’ont-elles ! Savez-vous quoi ? Il n’est pas d’or, L’anneau merveilleux d’Hans Carvel.
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Le dauphinDauphins, vous jouez dans la mer, Mais le flot est toujours amer. Parfois, ma joie éclate-t-elle ? La vie est encore cruelle.
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La Chèvre du ThibetLes poils de cette chèvre et même Ceux d’or pour qui prit tant de peine Jason, ne valent rien au prix Des cheveux dont je suis épris.
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Le DépartEt leurs visages étaient pâles Et leurs sanglots s’étaient brisés Comme la neige aux purs pétales Ou bien tes mains sur mes baisers Tombaient les feuilles automnales
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Le hibouMon pauvre cœur est un hibou Qu’on cloue, qu’on décloue, qu’on recloue. De sang, d’ardeur, il est à bout. Tous ceux qui m’aiment, je les loue.
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Le DromadaireAvec ses quatre dromadaires Don Pedro d’Alfaroubeira Courut le monde et l’admira. Il fit ce que je voudrais faire Si j’avais quatre dromadaires.
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Le LarronCHŒUR Maraudeur étranger malheureux malhabile Voleur voleur que ne demandais-tu ces fruits Mais puisque tu as faim que tu es en exil Il pleure il est barbare et bon pardonnez-lui LARRON Je confesse…
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Le lapinJe connais un autre connin Que tout vivant je voudrais prendre. Sa garenne est parmi le thym Des vallons du pays de Tendre.
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Le LièvreNe soit pas lascif et peureux Comme le lièvre et l’amoureux. Mais que toujours ton cerveau soit La hase pleine qui conçoit.
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Le lionÔ lion, malheureuse image Des rois chus lamentablement, Tu ne nais maintenant qu’en cage À Hambourg, chez les Allemands.
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Le MorpionImitons la ténacité De cet insecte qu’on méprise. Dames, Messieurs, qui vous grattez, Il ne lâchera jamais prise.
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Le musicien de Saint-MerryJ’ai enfin le droit de saluer des êtres que je ne connais pas Ils passent devant moi et s’accumulent au loin Tandis que tout ce que j’en vois m’est inconnu Et leur espoir n’est pas moins fort que le…
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Le paonEn faisant la roue, cet oiseau, Dont le pennage traîne à terre, Apparaît encore plus beau, Mais se découvre le derrière.
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