Tout se meurt

Tout se meurt. — Pourtant voyez-vous Près de ce vieux mur qui l'abrite, Rêveuse, blanche et l'air si doux, Cette petite marguerite.
Des premiers froids, toujours mauvais, On dirait bien qu'elle s'étonne. Ma fleurette, si je pouvais Te préserver des vents d'automne !
Si je pouvais, sans te froisser, — Ne riez pas de ma folie, — Contre mon cœur longtemps presser Ta toute pâlie !
Et longtemps écouter tout bas, Ô mignonne ! ta voix me dire Que l'hiver même sous nos pas Peut faire éclore un doux sourire,
Que lorsque du dernier chanteur S'envolera le chant de fête, Nous pourrons voir en notre cœur Rayonner une pâquerette !

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

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