Sur ce berceau...

de Mathilde Soubeyran

Sur ce berceau quand tu te penches,
D'où te vient cet air soucieux ?
On croit voir s'ouvrir deux pervenches
Lorsque l'enfant ouvre les yeux.

Écoute... Ces pieds que tu n'oses
Qu'avec précaution baiser,
Ils voudront, ces mignons pieds roses,
Bientôt à terre se poser ;

Et cette bouchette, pareille
À la fraîche rose des bois,
Charmera bientôt ton oreille,
Ô mère ! par sa douce voix.

Sur ce berceau quand tu te penches,
D'où te vient cet air soucieux ?
On croit voir s'ouvrir deux pervenches
Lorsque ton fils ouvre les yeux.

« Je revois un autre visage,
D'autres yeux pensifs que j'aimais...
Cher petit oiseau de passage,
Pourrais-je t'oublier jamais ? »