Myosotis

de Mathilde Soubeyran

Bien que la rose soit très belle,
Qu'elle ait le calice odorant,
Tu peux quelquefois devant elle,
Tu peux rester indifférent.

Crois-tu que la fleur qui rayonne,
De tes regards ait nul souci ?
J'en connais une plus mignonne,
Hélas ! et plus sensible aussi,

Une fleur qui me semble éclose
Pour le sourire ou le baiser ;
Et cependant ma bouche n'ose
Sur sa corolle se poser.

Que ta main jamais ne repousse
La fleurette qui s'offre à toi,
Dans sa beauté, rêveuse et douce,
Pauvre fleurette d'« Aimez-moi » !