Laure

Dans un sentier des bois, discrète solitude, Pétrarque, un jour, lisait à Laure un doux sonnet ; Et Laure l'écoutait, si chaste d'attitude Que l'on eût dit un lis par la brise incliné.
Le poète, croyant à de l'indifférence, D'une brusque manière annonça son départ. Elle, pâle et levant son front, mais en silence, Parut interroger son ami du regard.
Certes, rien n'eût valu l'aveu mélancolique Des yeux au bord desquels des pleurs vinrent trembler ; Mais ce fut un éclair ! — Laure, toujours pudique, Ne laissa qu'un instant ses yeux divins parler.
❧
❧