L'Oiseau captif
Je tenais dans ma main, tendrement refermée, Un oiseau prisonnier. — Le pauvre et doux captif, Auquel je demandais sa chansonnette aimée, S'agitait et poussait parfois un cri plaintif. Et moi, n'osant presser ce corps mignon et frêle, Je me disais : « Comment peut-il monter si haut ? » Il me semblait aussi que j'enviais son aile ; Mais pourquoi l'envier ? Notre cœur est oiseau ! Je ne veux plus jamais me permettre un murmure : Aux jours d'avril, j'ai vu l'oiselet grelotter ; Nous aussi, nous souffrons ; mais, plus belle et plus pure, Aux heures de douleur notre âme peut chanter. Je ne veux plus jamais l'écouter, ô tristesse ! Quand le rossignol meurt, hélas ! c'est sans retour ; Et nous, après la mort, nous avons la promesse D'aller plus haut renaître et revivre à l'amour. Ô mon doux prisonnier ! quoi ! j'enviais ton aile ! Mais le cœur peut planer comme l'oiseau des cieux ; Voit-on l'oiseau des cieux au baiser qui l'appelle Comme le cœur s'offrir, frémissant et joyeux ?
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