Ils dorment
Quand la lutte à peine est finie
Et que, les yeux à demi clos,
Des angoisses de l'agonie
Les morts entrent dans le repos,
Qu'ils sont beaux ! — En la première heure
Ils semblent vraiment reposer ;
À la bouche qui les effleure
Leur bouche offre un tiède baiser.
On dirait qu'en ouvrant son aile
L'âme fugitive a laissé
Sur son enveloppe mortelle
Tomber un regard apaisé.
Et nous, que navraient les souffrances,
La lutte du dernier soupir,
Aux consolantes espérances
Nous sentons notre âme s'ouvrir.
Mais plus tard, si la main déplace
Le suaire aux funèbres plis,
Oh ! comme notre cœur se glace
Devant ces visages pâlis !
Seigneur, tout notre être soupire
En voyant ces morts adorés !
Pardonnez à l'homme de dire :
« Le ciel est loin, la fosse est près ! »
Octobre 1878.
Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire
❧
Pour prolonger la lecture
Choisis pour leur proximité de ton, de thème ou de voix.
La prière pour tous (II)
"II."
Ciel
Condition humaine
Désespoir
Le Christ au tombeau
"Seigneur, Seigneur ! Se peut-il que l'on meure ?"
Ciel
Condition humaine
Espérance
Magdalena
"J'entrai dernièrement dans une vieille église ;"
Ciel
Condition humaine
Foi
Se laisser surprendre
Explorez par affinité de thèmes, d'émotions, d'époque et de mouvement
- Romantisme
- Élégie
- Élégiaque
- Mort
- Condition humaine
- Espérance
❧