Aux jours d'avril

de Mathilde Soubeyran

Je ne sais qu'adorer l'adorable victime
Qui pour nous recevoir a mis les bras en croix.
MICHEL-ANGE.

Aux jours d'avril, alors que tout chante et s'anime,
L'oiseau dans le buisson, la fleur au parfum doux,
Je repasse en mon cœur cette histoire sublime
Du Dieu qui nous aima jusqu'à mourir pour nous,

Et je me dis : Ainsi s'ouvraient les aubépines,
Ainsi l'on entendait de printanières voix,
Lorsque, portant encor la couronne d'épines,
Jésus agonisait sur une infâme croix.

Ô pauvre cœur, lassé des trompeuses tendresses,
Tu penses qu'ici-bas tout est faux, tout est vain !
Dis-moi, ne peux-tu pas oublier tes tristesses
Et répondre à l'appel de cet ami divin ?