Âme et oiseau

Ton chant, ô fauvette ! est parfois Au chant de l'âme en tout semblable. Serais-tu donc, oiseau des bois, À l'âme humaine comparable ?
Non, car j'ai vu sous le baiser Se rassurer l'âme craintive, Et je n'ai pas vu s'apaiser La pauvre chanteuse captive.
J'ai vu l'oiseau monter si haut Qu'on eût dit un point dans l'espace ; L'âme plane comme l'oiseau, Mais son aile est plus vite lasse.
J'ai vu l'oiseau se contenter, Pour logis, de son doux nid frêle ; L'âme rêve de s'abriter En une demeure éternelle.
Bonheur de l'âme, nid charmant, Peuvent sombrer dans la tempête : À l'heure de l'écroulement, L'oiseau se plaint, l'âme est muette.
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