À Jean Reboul

L'humble oiseau, d'une voix vibrante, Dit à la brise ses secrets. Comme lui le poète chante : À peine écoutons-nous, distraits.
Pourtant, si l'âme du poète S'épanouit en sa chanson, L'indifférent même s'arrête, Et son cœur bat à l'unisson.
Entre les pages immortelles Que nous relisons très souvent, Rayonne l'une des plus belles : La page de l'Ange et l'Enfant.
L'Ange et l'Enfant ! Une âme humaine Palpite dans ces vers si doux ; Cependant on croirait sans peine Qu'un ange les chanta pour nous.
Mais l'homme seul sait la tristesse Que laisse le bonheur rêvé. « Là, jamais entière allégresse. » Ô Reboul ! tu l'as éprouvé.
De là ce beau chant, qui s'envole, Mouillé de pleurs, mais triomphant, Lorsque la mère se désole Près du berceau de son enfant.
Ô Reboul ! c'est bien l'âme humaine Qui palpite en tes vers si doux ; Cependant on croirait sans peine Qu'un ange les chanta pour nous.
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