Le Secret d'une Fleur

À une Parisienne.
Ceci me fut conté par un brin de verveine Certain soir de printemps léger comme une peine. Qui m'écoutait ? me direz-vous... L'ombre et le temps Blottis dans un massif de géraniums blancs. Je crois bien qu'une rose, aussi, prêta l'oreille, Car je vis s'envoler une feuille vermeille. Vous dire ce secret ? le pourrai-je vraiment ? Sachez donc qu'une fée avait eu pour amant... — Vous souriez déjà ? comme vous êtes femme... Vous tenez donc beaucoup à ce récit, madame ? Il était une fois... — vous révéler le nom Que j'ai trouvé caché sous cette histoire ? non ; Prenez plutôt ce médaillon sous ma dentelle : Y voyez-vous rêver, dans sa grâce immortelle, Une humble et chaste fleur au embaumé ? On dirait que le temps jaloux l'a refermé... Quelle amoureuse main conserva sous ce verre Cette adorable fleur et son troublant mystère ? Depuis bien des saisons, je la vois, chaque jour, Entr'ouvrir en tremblant sa d'amour ; On m'a dit qu'un baiser revient, par intervalles, Faire battre le cœur qui dort dans ses pétales, Et que l'on voit parfois sortir du médaillon Un humble aveu d'amour sous forme de rayon. Ceci me fut conté par un brin de verveine, Certain soir de printemps, divin comme une peine !

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

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