Aurore

Le soleil a doré la cime des grands arbres ; Dans le jardin profond s'éveille un chant d'oiseau ; Deux cygnes, lentement, dans la blancheur des marbres Glissent ; l'aurore éclate et l'eau. Élance-toi, mon âme, et va vers la lumière ! Prends tes ailes d'enfant, franchis l'espace bleu, Et vers le ciel, où monte, ainsi qu'une prière, Ton cœur, offre ton front à la pitié de Dieu. Regarde autour de toi : chaque arbre a son histoire, Le plus vieux est resté debout malgré les ans ; Des siècles ont passé dans sa longue mémoire. Ses branchages tordus font foi des ouragans ; Malgré tout il demeure, il frissonne, il , Tout au printemps divin qui lui semble éternel, Et qui pourtant, demain, emportera sa joie ! — Ô mon cœur, sois semblable et te crois immortel ! Mon cœur, que chaque jour tes racines profondes S'enfoncent dans le sol, en dépit des douleurs ! Le sablier fatal te marque les secondes ; Qu'importe ! tu pleurais ? Les larmes sont des fleurs, Elles tombent toujours sur la route où l'on aime ; Mais, va, leur chute encore est un enchantement. Garde ton idéal au front comme un baptême, Garde ton grand espoir au cœur, comme un serment !

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

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