À une Mère
Toi qui fus ma bonne marraine ;
Toi, malgré tout, en qui je crois,
Lui parles-tu de l'Autrefois,
Le soir, lorsqu'il a trop de peine ?
Prends-tu son front sur tes genoux ?
Le berces-tu contre ton âme ?
Ah ! que j'envie, ô noble femme,
Ton cœur maternel et si doux.
Si doux, et pourtant bien sévère.
Puisque, malgré ce dur exil,
Tu maudis encor, paraît-il,
Mon existence et sa misère.
Mais que t'importe si je meurs,
Si de toi me vient tant de peine,
N'es-tu pas la bonne marraine
Dont j'ai jadis baisé les pleurs ?...
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