La complainte de l'Âme Bretonne

Sur la lande et dans les , Cueillez l' et la bruyère, Doux compagnons à l'âme fière, Ô jeunes gens de mon pays !
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Quand du sein de la mer profonde, Comme un dans son nid, L'Âme Bretonne vint au monde Dans son dur berceau de granit, C'était un soir, un soir d'automne, Sous un ciel bas, cerclé de fer, Et sur la pauvre Âme Bretonne Pleurait le soir, chantait la mer.
Fut-ce mégarde chez les fées Ou qu'au baptême on ne pria, Blanches et de rayons coiffées, Urgande ni Titania ? Il n'en vint, dit-on, qu'une seule, Aux airs bourrus de , Qui froissait dans ses mains d' Des fleurs de bruyère et d'ajonc.
Misère (ainsi s'appelait-elle) Allait nu-tête et pieds ; Mais ce n'est pas sous la dentelle Que battent les cœurs les plus chauds Et, se penchant sur la . Qui grelottait, blême et sans voix, Vivement à sa collerette Elle piqua la fleur des bois.
La fleur embaumait comme l'ambre, — L'ambre, le musc ou le , — Si bien qu'au de novembre On aurait dit le mois de juin. Mais tout là-bas, sur la mer grande, Le vent guettait comme un voleur, Et Misère, de sa guirlande, Détacha la seconde fleur.
Et depuis lors nulle menace N'a prévalu contre l'enfant : L'ajonc, c'est la Force tenace Qui se bande et tient tête au vent ; Et la bruyère, dont s'embaume Le pur cristal des nuits d'été, C'est le mystique et tiède arôme De la divine Charité...
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Doux compagnons à l'âme fière. Debout au seuil des temps nouveaux, Dans vos , dans vos travaux, Mêlez l'ajonc à la bruyère.

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

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