Voltaire
Poèmes de Voltaire (43)
Classés par titre (A–Z).
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À la marquise du Châtelet(Sur la liaison de la marquise avec Maupertuis) Ainsi donc cent beautés nouvelles Vont fixer vos brillants esprits Vous renoncez aux étincelles, Aux feux follets de mes écrits Pour des lumières…
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À la marquise du Châtelet (I)(Sur la calomnie.) Écoutez-moi, respectable Emilie : Vous êtes belle ; ainsi donc la moitié Du genre humain sera votre ennemie : Vous possédez un sublime génie ; On vous craindra : votre tendre…
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À madame de Fontaine-MartelÔ très singulière Martel, J'ai pour vous estime profonde ; C'est dans votre petit hôtel, C'est sur vos soupers que je fonde Mon plaisir, le seul bien réel Qu'un honnête homme ait en ce monde. Il est…
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À Madame de G***Philis, qu'est devenu ce temps Où dans un fiacre promenée, Sans laquais, sans ajustements, De tes grâces seules ornée, Contente d'un mauvais soupé Que tu changeais en ambrosie, Tu te livrais dans ta…
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À Madame du DeffantHé quoi ! vous êtes étonnée Qu'au bout de quatre-vingts hivers, Ma Muse faible et surannée Puisse encor fredonner des vers ? Quelquefois un peu de verdure Rit sous les glaçons de nos champs ; Elle…
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À Madame la maréchale de VillardsDivinité que le ciel fit pour plaire, Vous qu'il orna des charmes les plus doux, Vous que l'Amour prend toujours pour sa mère, Quoiqu'il sait bien que Mars est votre époux ; Qu'avec regret je me vois…
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À Mademoiselle de Guise(Sur son mariage avec M. le duc de Richelieu.) Un prêtre, un oui, trois mots latins A jamais fixent vos destins ; Et le célébrant d'un village, Dans la chapelle de Montjeu, Très chrétiennement vous…
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À Mademoiselle Le CouvreurL'heureux talent dont vous charmez la France Avait en vous brillé dès votre enfance ; Il fut dès lors dangereux de vous voir, Et vous plaisiez même sans le savoir. Sur le théâtre heureusement…
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À M. de Formont(En lui renvoyant les œuvres de Descartes et de Mallebranche) Rimeur charmant, plein de raison, Philosophe entouré des Grâces, Epicure, avec Apollon, S'empresse à marcher sur vos traces. Je renonce…
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À M. de Saint-Lambert1736. Mon esprit avec embarras Poursuit des vérités arides ; J'ai quitté les brillants appas Des Muses, mes dieux et mes guides, Pour l'astrolabe et le compas Des Maupertuis et des Euclides. Du vrai…
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À M. Desmahis1756. Vous ne comptez pas trente hivers Les Grâces sont votre partage ; Elles ont dicté vos beaux vers. Mais je ne sais par quel travers Vous vous proposez d'être sage. C'est un mal qui prend à mon…
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À M. François de Neufchâteau1766. Si vous brillez à votre aurore, Quand je m'éteins à mon couchant ; Si dans votre fertile champ Tant de fleurs s'empressent d'éclore, Lorsque mon terrain languissant Est dégarni des dons de…
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À M. Le comte de TressanHélas ! que je me sens confondre Par tes vers et par tes talents ! Pourrais-je encore à quarante ans Les mériter et leur répondre ? Le temps, la triste adversité Détend les cordes de ma lyre. Les…
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À M. Le comte, le chevalier et l'abbé de SadeTrio charmant que je remarque Entre ceux qui font mon appui, Trio par qui Laure aujourd'hui Revient de la fatale barque ; Vous qui pensez mieux que Pétrarque, Et rimez aussi bien que lui, Je ne puis…
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À M. Le duc de La FeuilladeConservez précieusement L'imagination fleurie Et la bonne plaisanterie, Dont vous possédez l'agrément, Au défaut du tempérament, Dont vous vous vantez hardiment Et que tout le monde vous nie. La dame…
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À M. Le duc de SulliJ'irai chez vous, duc adorable, Vous dont le goût, la vérité, L'esprit, la candeur, la bonté, Et la douceur inaltérable, Font respecter la volupté, Et rendent la sagesse aimable. Que dans ce…
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À Mme du Châtelet"Si vous voulez que j'aime encore, Rendez-moi l'âge des amours ; Au crépuscule de mes jours Rejoignez, s'il se peut, l'aurore. Des beaux lieux où le dieu du vin Avec l'Amour tient son empire, Le…
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À Samuel Bernard(Au nom de Madame de Fontaine-Martel.) C'est mercredi que je soupais chez vous Et que, sortant des plaisirs de la table, Bientôt couchée, un sommeil prompt et doux Me fit présent d'un songe…
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À une dame ou soit-disant telleTu commences par me louer, Tu veux finir par me connaître. Tu me louras bien moins ; mais il faut t'avouer Ce que je suis, ce que je voudrais être. J'aurai vu dans trois ans passer quarante hivers ;…
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À une jeune veuveJeune et charmant objet à qui pour son partage Le ciel a prodigué les trésors les plus doux, Les grâces, la beauté, l'esprit, et le veuvage, Jouissez du rare avantage D'être sans préjugés, ainsi que…
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À UranieJe vous adore, ô ma chère Uranie ! Pourquoi si tard m'avez-vous enflammé ? Qu'ai-je donc fait des beaux jours de ma vie ? Ils sont perdus ; je n'avais point aimé. J'avais cherché dans l'erreur du bel…
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À Uranie (I)Qu'un autre vous enseigne, ô ma chère Uranie À mesurer la terre, à lire dans les cieux, Et soumettre à votre génie Ce que l'amour soumet au pouvoir de vos yeux. Pour moi, sans disputer ni du plein ni…
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Aux manes de M. de GenonvilleToi que le ciel jaloux ravit dans son printemps, Toi de qui je conserve un souvenir fidèle Vainqueur de la mort et du temps, Toi dont la perte, après dix ans, M'est encore affreuse et nouvelle ; Si…
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À Monsieur le Chevalier de BoufflersCroyez qu'un vieillard cacochyme, Chargé de soixante et douze ans, Doit mettre, s'il a quelque sens, Son âme et son corps au régime. Dieu fit la douce Illusion Pour les heureux fous du bel âge ; Pour…
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À Monsieur le comte AlgarottiLorsque ce grand courrier de la philosophie, Condamine l'observateur, De l'Afrique au Pérou conduit par Uranie, Par la gloire, et par la manie, S'en va griller sous l'équateur, Maupertuis et…
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À M. ***(Du camp de Philisbourg, le 3 juillet 1734) C'est ici que l'on dort sans lit, Et qu'on prend ses repas par terre ; Je vois et j'entends l'atmosphère Qui s'embrase et qui retentit De cent décharges de…
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Épigramme sur GressetCertain cafard, jadis jésuite, Plat écrivain, depuis deux jours Ose gloser sur ma conduite, Sur mes vers, et sur mes amours : En bon chrétien je lui fais grâce, Chaque pédant peut critiquer mes vers…
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L'enfant prodigue (II)À mon avis, l'hymen et ses liens Sont les plus grands ou des maux ou des biens. Point de milieu ; l'état du mariage Est des humains le plus cher avantage, Quand le rapport des esprits et des cœurs,…
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Les FréronD'où vient que ce nom de Fréron Est l'emblème du ridicule ? Si quelque maître Aliboron, Sans esprit comme sans scrupule, Brave les moeurs et la raison ; Si de Zoïle et de Chausson Il se montre le…
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Les SouhaitsIl n'est mortel qui ne forme des voeux : L'un de Voisin convoite la puissance ; L'autre voudrait engloutir la finance Qu'accumula le beau-père d'Évreux. Vers les quinze ans, un mignon de couchette…
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Les Vous et les TuPhilis, qu'est devenu ce temps Où, dans un fiacre promenée, Sans laquais, sans ajustements, De tes grâces seules ornée, Contente d'un mauvais soupé Que tu changeais en ambroisie, Tu te livrais, dans…
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A Mme LullinA Mme Lullin Hé quoi ! vous êtes étonnée Qu’au bout de quatre-vingts hivers, Ma Muse faible et surannée Puisse encor fredonner des vers ? Quelquefois un peu de verdure Rit sous les glaçons de nos…
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Aux habitants de LyonIl est vrai que Plutus est au rang de vos dieux, Et c’est un riche appui pour votre aimable ville : Il n’est point de plus bel asile ; Ailleurs il est aveugle, il a chez vous des yeux. Il n’était…
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La BastilleOr ce fut donc par un matin, sans lune, En beau printemps, un jour de Pentecôte, Qu’un bruit étrange en sursaut m’éveilla. Un mien valet, qui du soir était ivre: « Maître, dit-il, le Saint-Esprit est…
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Le bourbierPour tous rimeurs, habitants du Parnasse, De par Phébus il est plus d’une place: Les rangs n’y sont confondus comme ici, Et c’est raison. Ferait beau voir aussi Le fade auteur d’un roman ridicule Sur…
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La crépinadeLe diable un jour, se trouvant de loisir, Dit: « Je voudrais former à mon plaisir Quelque animal dont l’âme et la figure Fût à tel point au rebours de nature, Qu’en le voyant l’esprit le plus bouché…
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Le loup moralisteUn loup, à ce que dit l’histoire, Voulut donner un jour des leçons à son fils, Et lui graver dans la mémoire, Pour être honnête loup, de beaux et bons avis. « Mon fils, lui disait-il, dans ce désert…
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Le NaufragéÀ Constant Coquelin. Devant le cabaret qui domine la rade, Maître Jean Goëllo, le rude camarade, Le vieux gabier manchot du bras droit, le marin Qu’un boulet amputa le jour de Navarin, La pipe aux…
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Le portrait manquéA Madame de B*** On ne peut faire ton portrait : Folâtre et sérieuse, agaçante et sévère, Prudente avec l’air indiscret, Vertueuse, coquette, à toi-même contraire, La ressemblance échappe en rendant…
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PolissonnerieJe cherche un petit bois touffu, Que vous portez, Aminthe, Qui couvre, s’il n’est pas tondu Un gentil labyrinthe. Tous les mois, on voit quelques fleurs Colorer le rivage ; Laissez-moi verser…
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Sur le LouvreMonument imparfait de ce siècle vanté Qui sur tous les beaux-arts a fondé sa mémoire, Vous verrai-je toujours, en attestant sa gloire, Faire un juste reproche à sa postérité ? Faut-il que l’on…
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Sur la métaphysique de l’amourDe l’amour la métaphysique Est, je vous jure, un froid roman. Fanchon, reprenons la physique : Mais, las ! que j’y suis peu savant !
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Précis de l’ecclésiateDans ma bouillante jeunesse, J’ai cherché la volupté, J’ai savouré son ivresse: De mon bonheur dégoûté, Dans sa coupe enchanteresse J’ai trouvé la vanité. La grandeur et la richesse Dans l’âge mûr…
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