À M. de Formont

(En lui renvoyant les œuvres de Descartes et de Mallebranche)
Rimeur charmant, plein de raison, Philosophe entouré des Grâces, Epicure, avec Apollon, S'empresse à marcher sur vos traces. Je renonce au obscur Du grand rêveur de l'oratoire, Qui croît parler de l'esprit pur Ou qui veut nous le faire . Nous disant qu'on peut à coup sûr Entretenir Dieu dans sa gloire. Ma raison n'a pas plus de foi Pour René le visionnaire ; Songeur de la nouvelle loi, Il éblouit plus qu'il n'éclaire ; Dans une épaisse obscurité Il fait briller des étincelles ; Il a gravement débité Un tas brillant d'erreurs nouvelles Pour mettre à la place de celles De la bavarde antiquité. Dans sa cervelle trop féconde Il prend d'un air fort important Des dés pour arranger le monde ; Bridoye en aurait fait autant.
Adieu ! je vais chez ma Sylvie : Un esprit fait comme le mien Goûte bien mieux son entretien Qu'un roman de philosophie. De ses attraits toujours frappé, Je ne la crois pas trop fidèle ; Mais puisqu'il faut être trompé, Je ne veux l'être que par elle.

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

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