Évariste de Parny
Poèmes de Évariste de Parny (60)
Classés par titre (A–Z).
-
À ÉléonoreAimer à treize ans, dites-vous, C'est trop tôt : eh, qu'importe l'âge ? Avez-vous besoin d'être sage Pour goûter le plaisir des fous ? Ne prenez pas pour une affaire Ce qui n'est qu'un amusement ;…
-
À Éléonore (II)Dès que la nuit sur nos demeures Planera plus obscurément ; Dès que sur l'airain gémissant Le marteau frappera douze heures ; Sur les pas du fidèle Amour, Alors les plaisirs par centaine Voleront…
-
À Éléonore (III)Ah ! si jamais on aima sur la terre, Si d'un mortel on vit les dieux jaloux, C'est dans le temps où, crédule et sincère, J'étais heureux, et l'étais avec vous. Ce doux lien n'avait point de modèle :…
-
Aimer est un destin charmantÉlégie VIII. C'est un bonheur qui nous enivre, Et qui produit l'enchantement. Avoir aimé, c'est ne plus vivre, Hélas ! c'est avoir acheté Cette accablante vérité, Que les serments sont un mensonge,…
-
À ma bouteilleViens, ô ma Bouteille chérie, Viens enivrer tous mes chagrins. Douce compagne, heureuse amie, Verse dans ma coupe élargie L'oubli des dieux et des humains. Buvons, mais buvons à plein verre ; Et…
-
À mes amisRions, chantons, ô mes amis, Occupons-nous à ne rien faire, Laissons murmurer le vulgaire, Le plaisir est toujours permis. Que notre existence légère S'évanouisse dans les jeux. Vivons pour nous,…
-
À M. de FAbjurant ma douce paresse, J'allais voyager avec toi ; Mais mon cœur reprend sa faiblesse ; Adieu, tu partiras sans moi. Les baisers de ma jeune Amante Ont dérangé tous mes projets. Ses yeux sont…
-
Au gazon foulé par ÉléonoreTrône de fleurs, lit de verdure, Gazon planté par les amours, Recevez l'onde fraîche et pure Que ma main vous doit tous les jours. Couronnez-vous d'herbes nouvelles ; Croissez, gazon voluptueux. Qu'à…
-
À un ami trahi par sa maîtresseQuoi ! tu gémis d'une inconstance ? Tu pleures, nouveau Céladon ? Ah ! le trouble de ta raison Fait honte à ton expérience. Es-tu donc assez imprudent Pour vouloir fixer une femme ? Trop simple et…
-
À un homme bienfaisantCesse de chercher sur la terre Des cœurs sensibles aux bienfaits ; L'homme ne pardonne jamais Le bien que l'on ose lui faire. N'importe, ne te lasse pas ; Ne suis la vertu que pour elle ; L'humanité…
-
À un myrteBel arbre, je viens effacer Ces noms gravés sur ton écorce, Qui par un amoureux divorce Se reprennent pour se laisser. Ne parle plus d'Éléonore ; Rejette ces chiffres menteurs ; Le temps a désuni les…
-
Au sein d'un asile champêtreOù Damis trouvait le repos, Le plus paisible des ruisseaux, Parmi les fleurs qu'il faisait naître, Roulait nonchalamment ses flots. Au campagnard il prit envie D'emprisonner dans son jardin Cette eau…
-
Aux infidèlesÀ vous qui savez être belles, Favorites du dieu d'amour ; À vous, maîtresses infidèles, Qu'on cherche et qu'on fuit tour à tour ; Salut, tendre hommage, heureux jour, Et surtout voluptés nouvelles !…
-
Bel arbre, pourquoi conserverÉlégie III. Ces deux noms qu'une main trop chère Sur ton écorce solitaire Voulut elle-même graver ? Ne parle plus d'Eléonore ; Rejette ces chiffres menteurs : Le temps a désuni les cœurs Que ton…
-
BilletApprenez, ma belle, Qu'à minuit sonnant, Une main fidèle, Une main d'amant, Ira doucement, Se glissant dans l'ombre, Tourner les verrous Qui dès la nuit sombre, Sont tirés sur vous. Apprenez encore…
-
C'en est donc fait ! par des tyrans cruelsÉlégie II. Malgré ses pleurs à l'autel entraînée, Elle a subi le joug de l'hyménée. Elle a détruit par des nœuds solennels Les nœuds secrets qui l'avaient enchaînée ! Et moi, longtemps exilé de ces…
-
DemainÀ Euphrosine. Vous m'amusez par des caresses, Vous promettez incessamment, Et le Zéphir, en se jouant, Emporte vos vaines promesses. Demain, dites-vous tous les jours ; Je suis chez vous avant…
-
DépitOui, pour jamais Chassons l'image De la volage Que j'adorais. À l'infidèle Cachons nos pleurs ; Aimons ailleurs ; Trompons comme elle. De sa beauté Qui vient d'éclore Son cœur encore Est trop flatté.…
-
Dieu des amoursÉlégie IV. Dieu des amours, le plus puissant des dieux, Le seul du moins qu'adora ma jeunesse ; Il m'en souvient, dans ce moment heureux Où je fléchis mon ingrate maîtresse, Mon cœur crédule et…
-
Dieu vous bénisseQuand je vous dis, Dieu vous bénisse ! Je n'entends pas le créateur, Dont la main féconde et propice Vous donna tout pour mon bonheur ; Encor moins le dieu d'hyménée, Dont l'eau bénite infortunée…
-
Du plus malheureux des amantsÉlégie I. Elle avait essuyé les larmes, Sur la foi des nouveaux serments Ma tendresse était sans alarmes ; J'en ai cru son dernier baiser ; Mon aveuglement fut extrême. Qu'il est facile d'abuser…
-
ÉlégieOui, sans regret, du flambeau de mes jours Je vois déjà la lumière éclipsée. Tu vas bientôt sortir de ma pensée, Cruel objet des plus tendres amours ! Ce triste espoir fait mon unique joie. Soins…
-
Il est trop tardRappelez-vous ces jours heureux, Où mon cœur crédule et sincère Vous présenta ses premiers vœux. Combien alors vous m'étiez chère ! Quels transports ! quel égarement ! Jamais on ne parut si belle Aux…
-
Il faut tout perdreÉlégie VII. Il faut tout perdre, il faut vous obéir. Je vous les rends ces lettres indiscrètes, De votre cœur éloquents interprètes, Et que le mien eût voulu retenir ; Je vous les rends. Vos yeux à…
-
L'absenceHuit jours sont écoulés depuis que dans ces plaines Un devoir importun a retenu mes pas. Croyez à ma douleur, mais ne l'éprouvez pas. Puissiez-vous de l'amour ne point sentir les peines ! Le bonheur…
-
La mainTableau II. Quand on aime bien, l'on oublie Ces frivoles ménagements Que la raison ou la folie Oppose au bonheur des amants. On ne dit point : « La résistance Enflamme et fixe les désirs ; Reculons…
-
La nuitToujours le malheureux t'appelle, Ô Nuit, favorable aux chagrins ! Viens donc, et porte sur ton aile L'oubli des perfides humains. Voile ma douleur solitaire ; Et lorsque la main du Sommeil Fermera…
-
La rechuteC'en est fait, j'ai brisé mes chaînes. Amis, je reviens dans vos bras. Les belles ne vous valent pas ; Leurs faveurs coûtent trop de peines. Jouet de leur volage humeur, J'ai rougi de ma dépendance :…
-
La roseTableau I. C'est l'âge qui touche à l'enfance, C'est Justine, c'est la candeur. Déjà l'amour parle à son cœur : Crédule comme l'innocence, Elle écoute avec complaisance Son langage souvent trompeur.…
-
Le baiserTableau V. Ah ! Justine, qu'avez-vous fait ? Quel nouveau trouble et quelle ivresse ! Quoi ! cette extase enchanteresse D'un simple baiser est l'effet ! Le baiser de celui qu'on aime A son attrait et…
-
Le bouquet de l'amourDans ce moment les politesses, Les souhaits vingt fois répétés, Et les ennuyeuses caresses, Pleuvent sans doute à tes côtés. Après ces compliments sans nombre, L'amour fidèle aura son tour : Car dès…
-
Le cabinet de toiletteVoici le cabinet charmant Où les Grâces font leur toilette. Dans cette amoureuse retraite J'éprouve un doux saisissement. Tout m'y rappelle ma maîtresse, Tout m'y parle de ses attraits ; Je crois…
-
Le lendemainTableau VII. D'un air languissant et rêveur Justine a repris son ouvrage : Elle brode : mais le bonheur Laissa sur son joli visage L'étonnement et la pâleur. Ses yeux qui se couvrent d'un voile Au…
-
Le lendemain (I)Tu l'as connu, ma chère Éléonore Ce doux plaisir, ce péché si charmant, Que tu craignais, même en le désirant ; En le goûtant, tu le craignais encore. Eh bien ! dis-moi : qu'a-t-il donc d'effrayant ?…
-
Le refroidissementIls ne sont plus ces jours délicieux, Où mon amour respectueux et tendre À votre cœur savait se faire entendre, Où vous m'aimiez, où nous étions heureux. Vous adorer, vous le dire, et vous plaire,…
-
Le remède dangereuxÔ toi, qui fus mon écolière En musique, et même en amour, Viens dans mon paisible séjour Exercer ton talent de plaire. Viens voir ce qu'il m'en coûte à moi, Pour avoir été trop bon maître. Je serais…
-
Le retourTableau X. Cependant Valsin infidèle Ne cessa point d'être constant ; Justine, aussi douce que belle, Pardonna l'erreur d'un instant. Elle est dans les bras du coupable. Il lui parle de ses remords ;…
-
Le revenantMa santé fuit ; cette infidèle Ne promet pas de revenir, Et la nature qui chancelle À déjà su me prévenir De ne pas trop compter sur elle. Au second acte brusquement Finira donc la comédie : Vite je…
-
Les adieuxSéjour triste, asile champêtre, Qu'un charme embellit à mes yeux, Je vous fuis, pour jamais peut-être ! Recevez mes derniers adieux. En vous quittant, mon cœur soupire. Ah ! plus de chansons, plus…
-
Le seinTableau IV. Justine reçoit son ami Dans un cabinet solitaire. Sans doute il sera téméraire ? Oui, mais seulement à demi : On jouit alors qu'on diffère. Il voit, il compte mille appas, Et Justine…
-
Le songeTableau III. Le sommeil a touché ses yeux ; Sous des pavots délicieux Ils se ferment, et son cœur veille, À l'erreur ses sens sont livrés. Sur son visage, par degrés, La rose devient plus vermeille ;…
-
Le songe (I)Corrigé par tes beaux discours J'avais résolu d'être sage, Et dans un accès de courage Je congédiais les amours Et les chimères du bel âge. La nuit vint ; un profond sommeil Ferma mes paupières…
-
Les paradisCroyez-moi, l'autre monde est un monde inconnu, Où s'égare notre pensée. D'y voyager sans fruit la mienne s'est lassée : Pour toujours j'en suis revenu. J'ai vu dans le pays des fables Les divers…
-
Les regretsTableau IX. Justine est seule et gémissante, Et mes yeux avec intérêt La suivent dans ce lieu secret Où sa chute fut si touchante. D'abord son tranquille chagrin Garde un morne et profond silence :…
-
Les rideauxTableau VI. Dans cette alcôve solitaire Sans doute habite le repos : Voyons. Mais ces doubles rideaux Semblent fermés par le mystère ; Et ces vêtements étrangers Mêlés aux vêtements légers Qui…
-
Le voyage manquéÀ M. de F... Abjurant ma douce paresse, J'allais voyager avec toi ; Mais mon cœur reprend sa faiblesse ; Adieu ; tu partiras sans moi. Les baisers de ma jeune amante Ont dérangé tous mes projets. Ses…
-
L'impatienceÔ ciel ! après huit jours d'absence, Après huit siècles de désirs, J'arrive, et ta froide prudence Recule l'instant des plaisirs Promis à mon impatience ! « D'une mère je crains les yeux ; « Les…
-
L'infidélitéTableau VIII. Un bosquet, une jeune femme ; À ses genoux un séducteur Qui jure une éternelle flamme, Et qu'elle écoute sans rigueur ; C'est Valsin. Dans le même asile Justine, crédule et tranquille,…
-
MadrigalSur cette fougère où nous sommes, Six fois, durant le même jour, Je fus le plus heureux des hommes. Nous étions seuls avec l'amour. Sur les lèvres de mon amie S'échappait mon dernier soupir ; Un…
-
Ma mortDe mes pensers confidente chérie, Toi, dont les chants faciles et flatteurs Viennent parfois suspendre les douleurs Dont les Amours ont parsemé ma vie, Lyre fidèle, où mes doigts paresseux Trouvent…
-
Ma retraiteSolitude heureuse et champêtre, Séjour du repos le plus doux, La raison me ramène à vous ; Recevez enfin votre maître. Je suis libre ; j'échappe à ces soins fatigants, À ces devoirs jaloux qui…
-
Ô la plus belle des maîtressesFuyons dans nos plaisirs la lumière et le bruit ; Ne disons point au jour les secrets de la nuit ; Aux regards inquiets dérobons nos caresses. L'amour heureux se trahit aisément ! Je crains pour toi…
-
PalinodieJadis, trahi par ma maîtresse, J'osais calomnier l'Amour ; J'ai dit qu'à ses plaisirs d'un jour Succède un siècle de tristesse. Alors, dans un accès d'humeur, Je voulus prêcher l'inconstance. J'étais…
-
Plan d'étudesDe vos projets je blâme l'imprudence : Trop de savoir dépare la beauté. Ne perdez point votre aimable ignorance, Et conservez cette naïveté Qui vous ramène aux jeux de votre enfance. Le dieu du goût…
-
Projet de solitudeFuyons ces tristes lieux, ô maîtresse adorée ! Nous perdons en espoir la moitié de nos jours, Et la crainte importune y trouble nos amours. Non loin de ce rivage est une île ignorée, Interdite aux…
-
RaccommodementNous renaissons, ma chère Éléonore ; Car c'est mourir que de cesser d'aimer. Puisse le nœud qui vient de se former Avec le temps se resserrer encore ! Devions-nous croire à ce bruit imposteur Qui…
-
Réflexion amoureuseJe vais la voir, la presser dans mes bras. Mon cœur ému palpite avec vitesse ; Des voluptés je sens déjà l'ivresse ; Et le désir précipite mes pas. Sachons pourtant, près de celle que j'aime, Donner…
-
SouvenirDéjà la nuit s'avance, et du sombre Orient Ses voiles par degrés dans les airs se déploient. Sommeil, doux abandon, image du néant, Des maux de l'existence heureux délassement, Tranquille oubli des…
-
T'aimer est le bonheur suprêmeOui, j'en atteste la nuit sombre Confidente de nos plaisirs, Et qui verra toujours son ombre Disparaître avant mes désirs ; J'atteste l'étoile amoureuse Qui pour voler au rendez-vous Me prête sa…
-
T'en souviens-tu, mon aimable maîtresseDe cette nuit où nos brûlants désirs Et de nos goûts la libertine adresse À chaque instant variaient nos plaisirs ? De ces plaisirs le docile théâtre Favorisait nos rapides élans ; Mais tout-à-coup…
Affichage de 1 à 20 sur 60 poèmes