La montre

Deux fois je regarde ma montre, Et deux fois à mes yeux distraits L'aiguille au même endroit se montre ; Il est une heure... une heure après.
La figure de la pendule En rit dans le salon voisin, Et le timbre d'argent module Deux coups vibrant comme un .
Le cadran solaire me raille En m'indiquant, de son long doigt, Le chemin que sur la muraille A fait son ombre qui s'accroît.
Le clocher avec ironie Dit le vrai chiffre et le , Reprenant la note finie, A l'air de se moquer de moi.
Tiens ! la petite bête est morte. Je n'ai pas mis hier encor, Tant ma rêverie était forte, Au trou de rubis la clef d'or !
Et je ne vois plus, dans sa boîte, Le fin ressort du balancier Aller, venir, à gauche, à droite, Ainsi qu'un papillon d'acier.
C'est bien de moi ! Quand je chevauche L', au pays du Bleu, Mon corps sans âme se débauche, Et s'en va comme il plaît à Dieu !
L'éternité poursuit son cercle Autour de ce cadran muet, Et le temps, l'oreille au couvercle, Cherche ce coeur qui remuait ;
Ce coeur que l'enfant croit en vie, Et dont chaque pulsation Dans notre poitrine est suivie D'une égale vibration,
Il ne bat plus, mais son grand frère Toujours palpite à mon côté. - Celui que rien ne peut distraire, Quand je dormais, l'a remonté !

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

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