Au prodigue

Le cœur n'est pas fragile, il est fait d'or solide : Plût au dieux que, pareil à l' de grès, Il ne servît qu'un temps et fût poussière après ! Mais il ne s'use point, ô douleur ! il se vide !
Au bord, la volupté rôde toujours avide : Frère, ne permets pas qu'elle y boive à longs traits ; Garde sévèrement ce qu'il contient de frais, Trésor vingt ans accru qu'une nuit dilapide.
Sois avare de lui. Malheur à l'insensé Qui, portant ce beau vase aux rouges , En perd le baume aux pieds des idoles banales !
Il sent un jour, sincère et traître fiancé, Les lèvres d'une vierge à son cœur se suspendre, Et son cœur grand ouvert n'a plus rien à répandre.

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

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