Sonnet (III)

Donne-moy tes presens en ces jours que la brume Fait les plus courts de l'an, ou, de ton rameau teint Dans le ruisseau d', dessus mon front , Endors mes pauvres yeux, mes gouttes et mon rhume.
Misericorde, ô Dieu ! ô Dieu, ne me consume A faute de dormir ! sois-je contreint De me voir par la peste ou par la fiévre , Qui mon sang desseiché dans mes veines allume.
Heureux, cent fois heureux, animaux qui dormez Demy an en vos trous, sous la terre enfermez, Sans manger du pavot qui tous les sens assomme.
J'en ay mangé, j'ay de son just oublieux, En salade, cuit, cru et le somme Ne vient par sa froideur s'asseoir dessus mes yeux.

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

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