Sonnet (III)
Donne-moy tes presens en ces jours que la brume
Fait les plus courts de l'an, ou, de ton rameau teint
Dans le ruisseau d'oubly, dessus mon front espreint,
Endors mes pauvres yeux, mes gouttes et mon rhume.
Misericorde, ô Dieu ! ô Dieu, ne me consume
A faute de dormir ! plustost sois-je contreint
De me voir par la peste ou par la fiévre esteint,
Qui mon sang desseiché dans mes veines allume.
Heureux, cent fois heureux, animaux qui dormez
Demy an en vos trous, sous la terre enfermez,
Sans manger du pavot qui tous les sens assomme.
J'en ay mangé, j'ay beu de son just oublieux,
En salade, cuit, cru et toutesfois le somme
Ne vient par sa froideur s'asseoir dessus mes yeux.
Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire
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Pour prolonger la lecture
Choisis pour leur proximité de ton, de thème ou de voix.
Comme un chevreuil, quand le printemps destruit
"L'oyseux crystal de la morne gelée,"
Alexandrin
Angoisse
Condition humaine
Je voudrais bien richement jaunissant
"En pluie d'or goutte à goutte descendre"
Amour
Fleur
Lyrique
Vivons, Gordes, vivons, vivons, et pour le bruit
"Sonnet LIII."
Ciel
Lumière
Lyrique
Se laisser surprendre
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