Ôtez votre beauté, ôtez votre jeunesse

Ôtez ces rares dons que vous tenez des cieux, Ôtez ce bel esprit, ôtez-moi ces beaux yeux, Cet aller, ce parler digne d'une Déesse :
Je ne vous serai plus d'une importune Fâcheux comme je suis : vos dons si précieux Me font, en les voyant, devenir furieux, Et par le désespoir l'âme prend hardiesse.
Pour ce, si quelquefois je vous touche la main, Par courroux votre teint n'en doit devenir blême : Je suis , ma raison n'obéit plus au frein,
Tant je suis agité d'une fureur extrême. Ne prenez, s'il vous plaît, mon offense à dédain, Mais, douce, pardonnez mes fautes à vous-même.

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

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