Toussaint
Ces vrais vivants qui sont les saints, Et les vrais morts qui seront nous, C'est notre double fête à tous, Comme la fleur de nos desseins, Comme le drapeau symbolique Que l'ouvrier plante gaîment Au faite neuf du bâtiment, Mais, au lieu de pierre et de brique, C'est de notre chair qu'il s'agit, Et de notre âme en ce nôtre œuvre Qui, narguant la vieille couleuvre, A force de travaux surgit. Notre âme et notre chair domptées Par la truelle et le ciment Du patient renoncement Et des heures dûment comptées. Mais il est des âmes encor, Il est des chairs encore comme En chantier, qu'à tort on dénomme Les morts, puisqu'ils vivent, trésor Au repos, mais que nos prières Seulement peuvent monnayer Pour, l'architecte, l'employer Aux grandes dépenses dernières. Prions, entre les morts, pour maints De la terre et du Purgatoire, Prions de façon méritoire Ceux de là-haut qui sont les saints.
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