Ô j'ai froid d'un froid de glace

Ô ! j'ai froid d'un froid de glace Ô ! je brûle à toute place !
Mes os vont se , Des blessures vont criant ;
Mes ennemis pleins de joie Ont fait de moi quelle proie !
Mon cœur, ma tête et mes reins Souffrent de maux souverains.
Tout me fuit, adieu ma gloire ! Est-ce donc le Purgatoire ?
Ou si c'est l'enfer ce lieu Ne me parlant plus de Dieu ?
— L'indignité de ton sort Est le plaisir d'un plus Fort,
Dieu plus juste, et plus Habile Que ce toi-même .
Tu souffres de tel mal profond Que des volontés te font,
Plus bénignes que la tienne Si mal et si peu chrétienne,
Tes humiliations Sont des bénédictions
Et ces mornes sécheresses Où tu te désintéresses
De purs avertissements Descendus de cieux aimants.
Tes ennemis sont les anges, Moins cruels et moins étranges
Que bons inconsciemment, D'un Seigneur rude et clément
Aime tes croix et tes plaies, Il est sain que tu les aies.
Face aux terribles courroux, Bénis et tombe à genoux.
Fer qui coupe et voix qui , C'est la bonne Pénitence.
Sous la glace et dans le feu Tu retrouveras ton Dieu.

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

❧
❧