Le sort fantasque qui me gâte à sa manière

Le « sort » fantasque qui me gâte à sa manière — M'a logé cette fois, peut-être la dernière Et la dernière c'est la bonne — à l'hôpital ! De mon rêve à ceci le réveil est brutal Mais explicable par le fait d'une voleuse (Dont l'histoire posthume est, dit-on, ) Du fait d'un rhumatisme aussi, moindre détail ; Puis d'un gîte où l'on est qu'importe le portail ? J'y suis, j'y vis. « Non, j'y végète », on rectifie ; On se trompe. J'y vis dans le strict de la vie, Le pain qu'il faut, pas trop de vin, et mieux couché ! Évidemment j'expie un très ancien péché (Très ancien ?) dont mon sang a des fois la secousse, Et la pénitence est relativement douce Dans le et sur l' Des poètes, peut-être un peu proverbial. C'est un lieu comme un autre, on en prend l'habitude: A prison bonne enfant Latude. Sans compter qu'au rimeur, pour en parler, alors ! Pauvre et fier, il ne reste qu'à mourir dehors Ou tout comme, en ces temps vraiment trop peu propices. Et mourir pour mourir. Muse qui me , Autant le faire ici qu'ailleurs, et même mieux, Sinon qu'ici l'on est tout « laïque », les vieux Abus sont réformés et le « citoyen » libre ! Et fort ! doit, ou l'État perdrait son équilibre, Avec ça qu'il n'est pas à cheval sur un pall ! Mourir dans les bras du Conseil Municipal, Mal rassurante et pas assez édifiante Conclusion pour tel, qu'un vœu mystique hante Moi par exemple, j'en forme l'aveu sans fard, Me dût-on traiter d'âne ou d'impudent , La conversation, dans ce modeste asile, Ne m'est pas autrement pénible et difficile ! Ces braves gens, que le Journal rend un peu sots, Du moins ont conservé, malgré tous les assauts Que « l'Instruction » livre à leur tête obsédée ; Quelque saveur encor de parole et d'idée ; La Révolution, qu'il faut toujours citer Et condamner, n'a pu complètement gâter Leur trivialité non sans grâce et sincère. Même je les préfère aux mufles de ma sphère Certes ! et je subis leur choc sans trop d'émoi. Leur vice et leur vertu sont juste à point pour moi Les goûter et me plaire en ces lieux salutaires (A comme moi) des espèces de solitaires, Espèce de couvent moins cet espoir chrétien ! Le monde est tel qu'ici je n'ai besoin de rien Et que j'y resterais, ma foi, toute ma vie, Sans grands jaloux, j'espère, et pour sûr, sans envie ! Si, dès guéri, si je guéris, car tout se peut, Je n'avais quelque chose à faire, que Dieu veut.

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

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