Dévotions

Sécheresse maligne et coupable langueur, Il n'est remède encore à vos tristesses noires Que telles dévotions , Comme des mois de Marie et du Sacré-Cœur,
Éclat et parfum purs de fleurs rouges et bleues, Par quoi l'âme qu'endeuille un ennui , Tout soudain s'éveille à l'enthousiasme dû Et sent ressusciter ses allégresses
Cantiques frais et blancs de vierges comme aux temps Premiers, quand les chrétiens étaient toute innocence, Hymnes brûlants d'une théologie intense Dans la sanglante ardeur des cierges palpitants ;
Comme le chemin de la Croix, baisers et larmes, Argent et neige et noir d'or des Vendredis Saints, Lent cortège à genoux dans la paix des , Stabats sévères indiciblement aux si doux charmes,
Et la dévotion, aussi, du chapelet, Grains enflammés de chaste délire où s'embrase L'ennui souvent, où parfois l'excès de l'extase Se consumait au feu des Ave qui roulait ;
Et celle enfin des saints locaux, Martin de France, Et Geneviève de Paris, saints du pays Et des villes et des villages, obéis Et vénérés avec chacun son espérance
Et son exemple et son précepte bien donné, Ses miracles ! — mœurs plus intimes du culte, Eh oui, c'est encor vous, en dépit de l'insulte, Qui nous sauvez, peut-être, à tel moment donné.

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

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