Auburn

Tes yeux, tes cheveux indécis, L'arc mal précis de tes sourcils, La fleur pâlotte de ta bouche, Ton corps vague et pourtant dodu, Te donnent un air peu farouche À qui tout mon hommage est dû.
Mon hommage, ah, ! tu l'as. Tous les soirs, quels joie et , Ô ma très , Quand vers mon lit tu viens, les seins , et quelque peu hautaine, Sûre de mes humbles desseins.
Les seins roides sous la chemise, Fière de la fête promise À tes sens partout et longtemps. Heureuse de savoir ma lèvre, Ma main, mon tout, impénitents De ces péchés qu'un s'en sèvre !
Sûre de baisers savoureux Dans le coin des yeux, dans le creux Des bras et sur le bout des , Sûre de l'agenouillement Vers ce buisson ardent des femmes Follement, fanatiquement !
Et hautaine puisque tu sais Que ma chair adore à l'excès Ta chair et que tel est ce culte Qu'après chaque mort, — quelle mort ! — Elle renaît, dans quel tumulte ! Pour mourir encore et plus fort.
Oui, ma vague, sois orgueilleuse Car radieuse ou sourcilleuse, Je suis ton vaincu, tu m'as tien : Tu me roules comme la vague Dans un délice bien païen, Et tu n'es pas déjà si vague ?

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

❧
❧