La lyre d'Orphée

Quand Orphée autrefois, frappé par les , Près de l'Hèbre tomba, sur les vagues sanglantes On vit longtemps encor sa lyre surnager. Le fleuve au loin chantait sous le fardeau léger. Le gai s'émut; ses ailes amoureuses Baisaient les cordes d'or, et les vagues heureuses
Comme pour l'arrêter, d'un effort doux et vain S'empressaient de l'instrument divin. Les récifs, les îlots, le sable à son passage S'est revêtu de fleurs, et cet âpre rivage Voit soudain, pour toujours délivré , Au toucher de la lyre accourir le Printemps.
Ah ! que nous sommes loin de ces temps de merveilles ! Les ondes, les rochers, les vents n'ont plus d'oreilles, Les cœurs même, les cœurs refusent de s'ouvrir, Et la lyre en passant ne fait plus rien fleurir.

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

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