Je m'en suis venu seul

Je m'en suis venu seul revoir notre vallée ; Elle est déserte, elle est muette, c'est l'hiver. Dans ses bois dépouillés comme elle est désolée ! La crête des coteaux dans le brouillard se perd ;
Les talus ont à peine un peu de gazon vert ; La petite rivière au flot vif est gelée ; La cascade est un bloc de glace amoncelée Sous son vieux pont de bois, de givre recouvert ;
Les oiseaux sont blottis ; seul un martin-pêcheur, Venu près du moulin chercher une eau courante, S'envole ; des corbeaux traversent le ciel froid ;
Nul bruit que le fusil éloigné d'un chasseur ; Déjà le soir étreint de tristesse navrante Le paysage nu qui semble plus étroit.
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