Si celui qui s'apprête à faire un long voyage

Sonnet XXVI.
Doit croire celui-là qui a là voyagé, Et qui des flots marins longuement outragé, Tout moite et dégouttant s'est sauvé du naufrage,
Tu me croiras, Ronsard, bien que tu sois plus sage, Et quelque peu encor (ce crois-je) plus âgé, Puisque j'ai devant toi en cette mer nagé, Et que déjà ma découvre le rivage.
je t'avertis que cette mer romaine, De dangereux écueils et de bancs toute pleine, Cache mille périls, et qu'ici bien souvent,
Trompé du chant des monstres de Sicile, Pour Charybde éviter tu tomberas en Scylle, Si tu ne sais nager d'une voile à tout vent.

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

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