Baif, qui, comme moi, prouves l'adversité

Sonnet LVI.
Baïf, qui, comme moi, l'adversité, Il n'est pas toujours bon de combattre l'orage, Il faut caler la voile, et de peur du naufrage Céder à la fureur de Neptune irrité.
Mais il ne faut aussi par crainte et S'abandonner en proie : il faut prendre courage, Il faut feindre souvent l'espoir par le visage, Et faut faire vertu de la nécessité.
sans nous ronger le cœur d'un trop grand soin, Mais de notre vertu nous aidant au besoin, Combattons le malheur. Quant à moi, je proteste
Que je veux désormais fortune dépiter, Et que si elle entreprend le me faire quitter, Je le tiendrai, Baïf, et fût-ce de ma reste.

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

❧
❧