Intérieur d'un Village au bord de la Mer

Le tout petit village aux fenêtres mal closes, Avec ses vieux volets, sa fontaine, ses roses, Sa rue au fond du soir, ses arbres, son clocher, Ses maisons où la joie a l'air de se cacher, L'air recueilli des vieux raccommodant leurs voiles, Les femmes en , le front sous les étoiles, Disant leur chapelet d'érable avec ferveur, Tout cela prend un air si tendre et si rêveur. La grosse lampe verte, avec calme, promène Sous le toit sa lueur incertaine ; Des papillons de nuit frissonnent alentour ; Le chat, près du berceau, ronronne avec amour ; Soudain l'horloge grince et l'heure qui Fait trembler les objets pendus à la muraille.
Ah ! comme il ferait bon attendre ici la Mort !
Regarder tendrement le petit qui s'endort, Fumer au coin du feu quand la femme tricote, Prêter l'oreille au vent qui s'engouffre et sanglote ; Voilà toute leur vie ! et n'ont-ils pas raison ? Pour moi, j'envie, hélas ! la petite maison Où l'on aime, où l'on meurt sans chercher autre chose Car à quoi bon, ô Dieu, chercher toujours ta cause ? Le bonheur n'est-il pas le plus divin secret ? Je n'emporterai donc qu'un immense regret, Celui de n'être pas aux pauvres gens semblable, Et, n'ayant pour tout bien que mon cœur misérable, Je m'en retournerai vers mes jours les plus las, Peut-être encor vers Toi qui ne comprendras pas.
Yport.

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

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