À Laudes (V)

Astre que l'olympe révère, Doux espoir des mortels rachetés par ton sang, Verbe, Fils éternel du redoutable Père, Jésus, qu'une humble Vierge a porté dans son flanc,
Affermis l'âme qui chancelle ; Fais que, levant au ciel nos innocentes mains, Nous chantions dignement et ta gloire immortelle Et les biens dont ta grâce a comblé les humains.
L'astre avant-coureur de l'aurore, Du soleil qui s'approche annonce le retour ; Sous le pâle horizon l'ombre se décolore : Lève-toi dans nos cœurs, chaste et bienheureux jour.
Sois notre inséparable guide ; Du siècle ténébreux perce l'obscure nuit ; Défends-nous en tout temps contre l'attrait perfide De ces plaisirs trompeurs dont la mort est le fruit.
Que la foi dans nos cœurs gravée, D'un rocher immobile ait la stabilité : Que sur ce fondement l'espérance élevée, Porte pour comble heureux l'ardente charité.
Gloire à toi, Trinité profonde, Père, Fils, Esprit Saint ! qu'on t'adore toujours, Tant que l'astre des temps éclairera le monde, Et quand les siècles même auront fini leur cours.
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