À Laudes (II)

L'oiseau vigilant nous réveille, Et ses chants redoublés semblent chasser la nuit : Jésus se fait entendre à l'âme qui sommeille, Et l'appelle à la vie où son jour nous conduit.
Quittez, dit-il, la couche oisive Où vous ensevelit une molle langueur : Sobres, chastes et purs, l'œil et l'âme attentive, Veillez ; je suis tout proche, et frappe à votre cœur.
Ouvrons donc l'œil à sa lumière, Levons vers ce Sauveur et nos mains et nos yeux ; Pleurons et gémissons : une ardente prière Écarte le sommeil et pénètre les Cieux.
Ô Christ ! ô soleil de justice ! De nos cœurs endurcis romps l'assoupissement : Dissipe l'ombre épaisse où les plonge le vice, Et que ton divin jour y brille à tout moment.
Gloire à toi, Trinité profonde, Père, Fils, Esprit Saint, qu'on t'adore toujours, Tant que l'astre des temps éclairera le monde, Et quand les siècles même auront fini leur cours.
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