À une laide
xx Sonnet à une amoureuse de l'auteur.
Un œil de chat huant, des cheveux serpentins,
Une trogne rustique à prendre des copies,
Un nez qui au mois d'août distille les roupies.
Un rire sardonien à charmer les lutins ;
Une bouche en triangle, où comme à ces matins
Hors œuvre on voit pousser de longues dents pourries,
Une lèvre chancreuse (*) à baiser les Furies,
Un front plâtré de fard, un boisseau de tétins
Sont tes rares beautés, exécrable Thessale ;
Et tu veux que je t'aime, et la flamme loyale
De ma belle maîtresse en ton sein étouffer !
Non, non, dans le bordeau (*) vas jouer de ton reste :
Tes venimeux baisers me donneraient la peste,
Et croirais embrasser une rage d'enfer.
* Chancreux : Ulcère, cancer.
* Bordeau : Bordel.
Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire
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Ne pense, Robertet, que cette Rome-ci
"Sonnet LVXXXIII."
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