Sous le sapin

Quand je m'assieds sous le sapin, Grave et seul dans ma rêverie, J'oublierais là soir et matin Tout, jusqu'aux fleurs de la prairie,
J'écoute aux branches du sapin Le souffle des airs, à toute heure Murmurant une hymne sans fin, Harpe des bois qui chante et pleure
A travers le sombre feuillage Sur lequel l'hiver passe en vain, Et je songe aux hivers de l'âge
Les fleurs de l'herbe sont bien belles, Mais durent à peine un matin ; Cherchons les beautés éternelles
Je voudrais, comme le sapin, Me voiler d'un feuillage austère, Et, cherchant en haut mon chemin, Laisser mon ombre seule à terre
Toute notre gloire mortelle Pour l'âme est un rêve trop vain Et doit dormir un jour sans elle
Toi donc qui viens sous le sapin, Regarde-moi sans trop sourire ! Et donne-moi ta douce main ; Je n'ai plus qu'un mot à te dire
Crois-moi, crois-moi, sous le sapin ! Tu sais combien mon âme t'aime ; Mais notre amour, qu'il soit divin Et qu'il s'appuie au tronc suprême
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