J'avais fui la plaine brûlée
Sur la cime d'un mont serein, Lorsque passa dans la vallée Un poétique pèlerin. J'ouïs venir de la campagne Son nom bien-aimé de nous tous, Et je criai sur la montagne : Montez ! nos rochers sont à vous. Nous l'attendions dans notre asile, Au milieu des pâtres joyeux ; Mais je ne sais quel souffle hostile Alors l'arrachait de ces lieux. Pourtant, songeant à nos rivages Il revient encore parmi nous : En vain l'Alpe est dans les nuages, Venez ! notre ciel est à vous ! Venez, du pieux solitaire Nous dire toute la ferveur, Et sa foi, suprême mystère, Qui l'attache aux pieds du Sauveur ! Dites encore combien de larmes Le poète verse à genoux, Combien l'amour saint a de charmes... Parlez ! tous nos cœurs sont à vous ! Gardez ces paisibles retraites Qu'abrite l'ombre des grands monts ! N'est-il pas des douceurs secrètes Près de ce lac que nous aimons ? Oui, plus d'un oiseau sur sa plage A trouvé le repos plus doux ; Il a plus d'un port pour l'orage. Restez ! ici tout est à vous.
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