Rêverie de Charles VI
On ne sait pas toujours où va porter la hache,
Et bien des souverains, maladroits ouvriers,
En laissent retomber le coupant sur leurs pieds !
...
Que d'ennuis sur un front la main de Dieu rassemble
Et donne pour racine aux fleurons du bandeau !
Pourquoi mit-il encor ce pénible fardeau
Sur ma tête aux pensées tristes abandonnée,
Et souffrante, et déjà de soi-même inclinée.
Moi qui n'aurais aimé, si j'avais pu choisir,
Qu'une existence calme, obscure et sans désir :
Une pauvre maison dans quelque bois perdue,
De mousse, de jasmins et de vigne tendue ;
Des fleurs à cultiver, la barque d'un pêcheur,
Et de la nuit sur l'eau respire la fraîcheur ;
Prier Dieu sur les monts, suivre mes rêveries
Par les bois ombragés et les grandes prairies,
Des collines le soir descendre le penchant,
Le visage baigné des lueurs du couchant ;
Quand un vent parfumé nous apporte en sa plainte
Quelques sons affaiblis d'une ancienne complainte...
Oh ! ces feux du couchant, vermeils, capricieux,
Montent, comme un chemin splendide, vers les cieux !
Il semble que Dieu dise à mon âme souffrante :
Quitte le monde impur, la foule indifférente,
Suis d'un pas assuré cette route qui luit,
Et — viens à moi, mon fils... et — n'attends pas la NUIT !!!
❧
Pour prolonger la lecture
Choisis pour leur proximité de ton, de thème ou de voix.
Dans l'ombre de ce vallon
"Pointent les formes légères"
Lune
Lyrique
Mélancolie
À Ninon
"Avec tout votre esprit, la belle indifférente,"
Amour
Lune
Lyrique
Qu'on ouvre la fenêtre au large
"Large ouverte à l'air bleu qui vient avant la nuit !"
Forêt
Lyrique
Mélancolie
Se laisser surprendre
Explorez par affinité de thèmes, d'émotions, d'époque et de mouvement
- XIXe siècle
- Romantisme
- Vers libres
- Lyrique
- Nature
- Mélancolie
- Rêve
- Nuit
❧