Gérard de Nerval
Poèmes de Gérard de Nerval (63)
Classés par titre (A–Z).
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À BérangerDe mes rêves brillants douce et frêle espérance, Ces chants, que produisit un trop rare loisir, C'est au poète de la France, C'est à toi, Béranger, que j'ose les offrir ! J'aurais pu, leur donnant un…
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À Hélène de MecklembourgLe vieux palais attend la princesse saxonne Qui des derniers Capets veut sauver les enfants ; Charlemagne, attentif à ses pas triomphants, Crie à Napoléon que Charles-Quint pardonne. Mais deux rois à…
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À Madame AguadoColonne de saphir, d'arabesques brodée, Reparais ! Les ramiers s'envolent de leur nid. De ton bandeau d'azur à ton pied de granit Se déroule à longs plis la pourpre de Judée. Si tu vois Bénarès, sur…
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À Madame Henri HeineVous avez des yeux noirs, et vous êtes si belle, Que le poète en vous voit luire l'étincelle Dont s'anime la force et que nous envions : Le génie à son tour embrase toute chose ; Il vous rend sa…
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À Madame Sand« Ce roc voûté par art, chef-d'œuvre d'un autre âge, Ce roc de Tarascon hébergeait autrefois Les géants descendus des montagnes de Foix, Dont tant d'os excessifs rendent sûr témoignage. » Ô seigneur…
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À M. Alexandre DumasEn partant de Baden, j'avais d'abord songé Que par monsieur Éloi, que par monsieur Elgé, Je pourrais, attendant des fortunes meilleures, Aller prendre ma place au bateau de six heures ; Ce qui…
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AntérosTu demandes pourquoi j'ai tant de rage au cœur Et sur un col flexible une tête indomptée ; C'est que je suis issu de la race d'Antée, Je retourne les dards contre le dieu vainqueur. Oui, je suis de…
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ArtémisLa Treizième revient... C'est encor la première ; Et c'est toujours la seule, — ou c'est le seul moment : Car es-tu reine, ô toi ! la première ou dernière ? Es-tu roi, toi le seul ou le dernier amant…
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À Victor HugoDe votre amitié, maître, emportant cette preuve Je tiens donc sous mon bras le Rhin. — J'ai l'air d'un fleuve Et je me sens grandir par la comparaison. Mais le Fleuve sait-il lui pauvre Dieu sauvage…
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AvrilDéjà les beaux jours, — la poussière, Un ciel d'azur et de lumière, Les murs enflammés, les longs soirs ; — Et rien de vert : — à peine encore Un reflet rougeâtre décore Les grands arbres aux rameaux…
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Chanson gothiqueBelle épousée, J'aime tes pleurs ! C'est la rosée Qui sied aux fleurs. Les belles choses N'ont qu'un printemps, Semons de roses Les pas du Temps ! Soit brune ou blonde Faut-il choisir ? Le Dieu du…
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Chant des femmes en IllyriePays enchanté, C'est la beauté Qui doit te soumettre à ses chaînes. Là-haut sur ces monts Nous triomphons : L'infidèle est maître des plaines. Chez nous, Son amour jaloux Trouverait des inhumaines...…
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Chant monténégrinC'est l'empereur Napoléon, Un nouveau César, nous dit-on, Qui rassembla ses capitaines : — Allez là-bas Jusqu'à ces montagnes hautaines ; N'hésitez pas ! Là sont des hommes indomptables, Au cœur de…
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Chœur d'amourIci l'on passe Des jours enchantés ! L'ennui s'efface Aux coeurs attristés Comme la trace Des flots agités. Heure frivole Et qu'il faut saisir, Passion folle Qui n'est qu'un désir, Et qui s'envole…
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Chœur souterrainAu fond des ténèbres, Dans ces lieux funèbres, Combattons le sort : Et pour la vengeance, Tous d'intelligence, Préparons la mort. xx Marchons dans l'ombre ; xx Un voile sombre xx Couvre les airs : xx…
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Dans les boisAu printemps l'oiseau naît et chante : N'avez-vous pas ouï sa voix ?... Elle est pure, simple et touchante, La voix de l'oiseau — dans les bois ! L'été, l'oiseau cherche l'oiselle ; Il aime — et…
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DelficaLa connais-tu, Dafné, cette ancienne romance, Au pied du sycomore, ou sous les lauriers blancs, Sous l'olivier, le myrthe ou les saules tremblants, Cette chanson d'amour... qui toujours recommence !…
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De Ramsgate à AnversÀ cette côte anglaise J'ai donc fait mes adieux, Et sa blanche falaise S'efface au bord des cieux ! Que la mer me sourie ! Plaise aux dieux que je sois Bientôt dans ta patrie, Ô grand maître…
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El desdichadoJe suis le ténébreux, — le veuf, — l'inconsolé, Le prince d'Aquitaine à la tour abolie : Ma seule étoile est morte, — et mon luth constellé Porte le Soleil noir de la Mélancolie. Dans la nuit du…
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Épître à M. de VillèleMinistre financier, que la France révère, Que les heureux aînés ont appelé leur père, Et qui, sachant que l'or pourrait nous pervertir, Cherche de tous côtés des gens à convertir ; Permets…
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EspagneQui voudrait fuir ton beau ciel, Tes cités et tes montagnes, Et ton printemps éternel ? Ton air pur qui nous enivre, Tes jours, moins beaux que tes nuits, Tes champs, où Dieu voudrait vivre S'il…
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FantaisieIl est un air pour qui je donnerais Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber, Un air très-vieux, languissant et funèbre, Qui pour moi seul a des charmes secrets. Or, chaque fois que je viens à…
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FontainebleauI. Ô mes concitoyens, que notre histoire est belle ! De quels récits brillants elle enivre nos cœurs ! Que de fois elle y va, par ses accents vainqueurs, D'un courage endormi réveiller l'étincelle !…
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GaietéPetit piqueton de Mareuil, Plus clairet qu'un vin d'Argenteuil, Que ta saveur est souveraine ! Les Romains ne t'ont pas compris Lorsqu'habitant l'ancien Paris Ils te préféraient le Surène. Ta liqueur…
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HorusLe dieu Kneph en tremblant ébranlait l'univers : Isis, la mère, alors se leva sur sa couche, Fit un geste de haine à son époux farouche, Et l'ardeur d'autrefois brilla dans ses yeux verts. « Le…
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La cousineL'hiver a ses plaisirs ; et souvent, le dimanche, Quand un peu de soleil jaunit la terre blanche, Avec une cousine on sort se promener... — Et ne vous faites pas attendre pour dîner, Dit la mère. Et…
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La gloireLe temps, comme un torrent, roule sur les cités ; Rien n'échappe à l'effort de ses flots irrités : En vain quelques vieillards, sur le bord du rivage, Derniers et seuls débris qui restent d'un autre…
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La grand'mèreVoici trois ans qu'est morte ma grand'mère, La bonne femme, — et, quand on l'enterra, Parents, amis, tout le monde pleura D'une douleur bien vraie et bien amère. Moi seul j'errais dans la maison,…
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La RussieI. Arrête, esprit sublime ! arrête ! Du sort crains de braver les lois ! Dieu qui commande à la tempête L'agite sur le front des rois ; Son bras pourra réduire en poudre Ton laurier qu'on croit…
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La sérénade(Imitée d'Uhland) Oh ! quel doux chant m'éveille ? — Près de ton lit je veille, Ma fille ! et n'entends rien... Rendors-toi, c'est chimère ! — J'entends dehors, ma mère, Un chœur aérien !... — Ta…
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La Tête arméeNapoléon mourant vit une Tête armée... Il pensait à son fils déjà faible et souffrant : La Tête, c'était donc sa France bien-aimée, Décapitée aux pieds du César expirant. Dieu, qui jugeait cet homme…
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La victoireI. Au sein des vastes mers, un aride rivage, Contre qui vient mugir la colère des flots, Se hérisse de rocs, effroi des matelots,... Du Corse belliqueux c'est le réduit sauvage : Là naguère le Sort,…
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Le Christ aux OliviersDieu est mort ! le ciel est vide... Pleurez ! enfants, vous n'avez plus de père ! Jean Paul . I. Quand le Seigneur, levant au ciel ses maigres bras, Sous les arbres sacrés, comme font les poètes, Se…
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Le coucher du soleilQuand le Soleil du soir parcourt les Tuileries Et jette l'incendie aux vitres du château, Je suis la Grande Allée et ses deux pièces d'eau Tout plongé dans mes rêveries ! Et de là, mes amis, c'est un…
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Le point noirQuiconque a regardé le soleil fixement Croit voir devant ses yeux voler obstinément Autour de lui, dans l'air, une tache livide. Ainsi, tout jeune encore et plus audacieux, Sur la gloire un instant…
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Le relaisEn voyage, on s'arrête, on descend de voiture ; Puis entre deux maisons on passe à l'aventure, Des chevaux, de la route et des fouets étourdi, L'oeil fatigué de voir et le corps engourdi. Et voici…
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Le Réveil en voitureVoici ce que je vis : Les arbres sur ma route Fuyaient mêlés, ainsi qu'une armée en déroute, Et sous moi, comme ému par les vents soulevés, Le sol roulait des flots de glèbe et de pavés ! Des…
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Le Roi de ThuléIl était un roi de Thulé À qui son amante fidèle Légua, comme souvenir d'elle, Une coupe d'or ciselé. C'était un trésor plein de charmes Où son amour se conservait : À chaque fois qu'il y buvait Ses…
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Les CydalisesOù sont nos amoureuses ? Elles sont au tombeau. Elles sont plus heureuses, Dans un séjour plus beau ! Elles sont près des anges, Dans le fond du ciel bleu, Et chantent les louanges De la mère de Dieu…
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Les papillonsI. De toutes les belles choses Qui nous manquent en hiver, Qu'aimez-vous mieux ? — Moi, les roses ; — Moi, l'aspect d'un beau pré vert ; — Moi, la moisson blondissante, Chevelure des sillons ; — Moi,…
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L'Ile d'ElbeNon loin des rivages de France, Il est une île au sein des mers : C'est là que veille l'espérance Et le fléau de l'univers ; Et c'est là, qu'abusant du droit de la victoire, On jeta le héros poudreux…
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Madame et souveraineQue mon cœur a de peine... » Ainsi disait un enfant chérubin : Que mon cœur a de peine... » Cette nuit, je ne sais trop pourquoi, ce refrain A trotté dans ma tête et m'a laissé tout triste... J'ai…
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MélodieQuand le plaisir brille en tes yeux Pleins de douceur et d'espérance, Quand le charme de l'existence Embellit tes traits gracieux, — Bien souvent alors je soupire En songeant que l'amer chagrin,…
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MyrthoJe pense à toi, Myrtho, divine enchanteresse, Au Pausilippe altier, de mille feux brillant, À ton front inondé des clartés d'Orient, Aux raisins noirs mêlés avec l'or de ta tresse. C'est dans ta…
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Ni bonjour ni bonsoirSur un air grec. Le matin n'est plus ! le soir pas encore : Pourtant de nos yeux l'éclair a pâli. Mais le soir vermeil ressemble à l'aurore, Et la nuit plus tard amène l'oubli !
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Nobles et valetsCes nobles d'autrefois dont parlent les romans, Ces preux à fronts de bœuf, à figures dantesques, Dont les corps charpentés d'ossements gigantesques Semblaient avoir au sol racine et fondements ;…
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Notre-Dame de ParisNotre-Dame est bien vieille : on la verra peut-être Enterrer cependant Paris qu'elle a vu naître ; Mais, dans quelque mille ans, le Temps fera broncher Comme un loup fait un boeuf, cette carcasse…
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OdeI. Le Temps ne surprend pas le sage, Mais du Temps le sage se rit, Car lui seul en connaît l'usage : Des plaisirs que Dieu nous offrit Il sait embellir l'existence, Il sait sourire à l'espérance,…
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Ode sur la Légion d'HonneurÀ L'ÉTOILE DE LA LÉGION D'HONNEUR. Imitée de L. Byron. I. Toi qui répandis tant de gloire Sur les vivants et sur les morts, Phare éclatant de la victoire, Qui longtemps brûlas sur nos bords, Aux feux…
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Pensée de ByronPar mon amour et ma constance, J'avais cru fléchir ta rigueur, Et le souffle de l'espérance Avait pénétré dans mon coeur ; Mais le temps, qu'en vain je prolonge, M'a découvert la vérité, L'espérance…
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PolitiqueDans Sainte-Pélagie, Sous ce règne élargie, Où, rêveur et pensif, Je vis captif, Pas une herbe ne pousse Et pas un brin de mousse Le long des murs grillés Et frais taillés. Oiseau qui fends…
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Prière de SocrateÔ toi, dont le pouvoir remplit l'immensité, Suprême ordonnateur de ces célestes sphères, Dont j'ai voulu jadis, en ma témérité, Calculer les rapports et sonder les mystères ; Esprit consolateur,…
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PrologueJe ne suis plus enfant : trop lents pour mon envie, Déjà dix-sept printemps ont passé dans ma vie : Je possède une lyre, et cependant mes mains N'en tirent dès longtemps que des sons incertains. Oh !…
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Rêverie de Charles VIOn ne sait pas toujours où va porter la hache, Et bien des souverains, maladroits ouvriers, En laissent retomber le coupant sur leurs pieds ! ... Que d'ennuis sur un front la main de Dieu rassemble…
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RomanceAh ! sous une feinte allégresse Ne nous cache pas ta douleur ! Tu plais autant par ta tristesse Que par ton sourire enchanteur À travers la vapeur légère L'Aurore ainsi charme les yeux ; Et, belle en…
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Sainte-HélèneAu milieu de la mer qui sépare deux mondes, Un rocher presque nu s'élève sur les ondes, Et son sinistre aspect remplit l'âme de deuil : C'est là que tant de gloire est par la mort frappée ; Et l'on y…
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SonnetIl a vécu tantôt gai comme un sansonnet, Tour à tour amoureux insoucieux et tendre, Tantôt sombre et rêveur comme un triste Clitandre. Un jour il entendit qu'à sa porte on sonnait. C'était la Mort !…
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Stances élégiaquesCe ruisseau, dont l'onde tremblante Réfléchit la clarté des cieux, Paraît dans sa course brillante Étinceler de mille feux ; Tandis qu'au fond du lit paisible, Où, par une pente insensible, Lentement…
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TalmaOh ! De quelle splendeur brillaient nos jours passés, Quand un autre soleil échauffait la patrie ; Quand nos jeunes lauriers, vers le ciel élancés, Agitaient noblement leur tige refleurie ! Ces…
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Une allée du LuxembourgElle a passé, la jeune fille Vive et preste comme un oiseau À la main une fleur qui brille, À la bouche un refrain nouveau. C'est peut-être la seule au monde Dont le coeur au mien répondrait, Qui…
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Une amoureuse flammeConsume mes beaux jours ; Ah ! la paix de mon âme A donc fui pour toujours ! Son départ, son absence Sont pour moi le cercueil ; Et loin de sa présence Tout me paraît en deuil. Alors, ma pauvre tête…
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Une femme est l'amourUne femme est l'amour, la gloire et l'espérance ; Aux enfants qu'elle guide, à l'homme consolé, Elle élève le cœur et calme la souffrance, Comme un esprit des cieux sur la terre exilé. Courbé par le…
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Vers dorésEh quoi ! tout est sensible ! Pythagore. Homme, libre penseur ! te crois-tu seul pensant Dans ce monde où la vie éclate en toute chose ? Des forces que tu tiens ta liberté dispose, Mais de tous tes…
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