Orgueil d'aimer
Hélas ! la chimère s'envole
Et l'espoir ne m'est plus permis ;
Mais je défends qu'on me console.
Ne me plaignez pas, mes amis.
J'aime ma peine intérieure
Et l'accepte d'un cœur soumis.
Ma part est encor la meilleure
Puisque mon amour m'est resté ;
Ne me plaignez pas si j'en pleure.
À votre lampe, aux soirs d'été,
Les papillons couleur de soufre
Meurent pour avoir palpité.
Ainsi mon amour, comme un gouffre,
M'entraîne et je vais m'engloutir ;
Ne me plaignez pas si j'en souffre.
Car je ne puis me repentir,
Et dans la torture subie
J'ai la volupté du martyr ;
Et s'il faut y laisser ma vie,
Ce sera sans lâches clameurs.
J'aime ! j'aime et veux qu'on m'envie !
Ne me plaignez pas si j'en meurs.
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