Rondes

I
Tes pieds sont las de leurs courses. Voici le temps des regrets. L'automne a troublé les sources Et dévêtu les forêts.
Toutes les fleurs que tu cueilles Meurent dans tes doigts . Comme elles tombent, les feuilles, Au bois où tu n'iras plus !
L'automne, hélas ! c'est l'automne. Songe aux longs soirs attristants. Là-bas, en terre bretonne, Les glas tintent tout le temps.
Ils tintent pour l'agonie Des fleurs que tu préférais. Ah ! ta moisson est finie ! Voici le temps des regrets...
II
Couche-toi devant ta porte. Voici le temps des adieux. Ecoute au ras de l'eau morte Siffler les tristes .
Ils traînent leurs ailes brunes Et leur long corps efflanqué Sur la torpeur des lagunes Entre Perros et Saint-Ké.
Mais demain, ce soir peut-être, Tous ces longs corps amaigris, Tu les verras disparaître Un par un dans le ciel gris.
Ô l'amère parabole ! Éteignez-vous, pauvres yeux ! Les courlis gagnent le pôle : Voici le temps des adieux...

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

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